Resident Evil : Requiem
Monument incontesté de l’histoire du jeu vidéo, Resident Evil reste la référence absolue du genre. Si la paternité du survival-horror en 3D revient techniquement à Frédérick Raynal avec Alone in the Dark, c’est indéniablement Capcom qui en a orchestré la démocratisation mondiale. Aujourd’hui, nous nous attaquons au très attendu Resident Evil : Requiem, alias Resident Evil IX pour les intimes, ou encore Biohazard IX pour les puristes. Avec cet opus, Capcom semble avoir enfin trouvé la formule miracle pour réconcilier une communauté souvent divisée entre l’angoisse viscérale d'un Resident Evil 2 Remake et l’action plus débridée d'un Resident Evil 4 Remake. En s’appuyant sur deux protagonistes aux styles diamétralement opposés, le titre cherche l'équilibre parfait, allant même jusqu’à proposer le choix entre vue à la première et à la troisième personne. Oui, on a cité les remakes car c'est ce à quoi ressemble le plus ce nouvel opus : un parfait mixe des deux ! Trêve de bavardages : place au test d'un périple horrifique qui n’a pas oublié sa mission première : vous faire peur ! Test garantit sans spoilers.
Graphismes : 10/10
Le RE Engine de Capcom fait une fois de plus des merveilles et on sent sincèrement que l'équipe de développement maîtrise son outil à la perfection. Ils ont d'ailleurs certainement pris soin de garder sur place l'équipe technique du moteur de jeu. Cette dernière peut aider à peaufiner l'ensemble, et ce quel que soit le support sur lequel peut bien tourner le jeu. On est loin de la philosophie de pas mal de studios occidentaux qui jettent la main-d'œuvre une fois un projet abouti. Oui, avoir un moteur de jeu fait maison a certains avantages qu'un moteur comme Unreal Engine ne peut pas fournir. Quand on fait un peu attention à deux ou trois plans larges, quand on voit un immeuble entier de l'extérieur, par exemple dans une cut-scène, on peut dénoter un peu d'aliasing sur les bords, mais cela n'arrive que très rarement et une fois en jeu, tout est d'une précision d'orfèvre ! En plus d'avoir un jeu techniquement impeccable, on a aussi la chance d'avoir une direction artistique en béton armé qui fait sombrer peu à peu le joueur dans l'horreur grâce à un nombre de détails assez hallucinant, mais tout est fait avec une certaine finesse. Certains plans rappellent les meilleurs moments du premier Resident Evil dans sa version remake GameCube et rien que cela devrait déjà mettre la puce à l'oreille des fans de la première heure. Le travail abattu est assez titanesque et cela est possible car les endroits que l'on peut visiter sont ouverts, mais pas trop, et que cela permet aux développeurs de tout optimiser de fond en comble. Le travail sur les animations des protagonistes est sans faille et on ressent à la perfection le poids des héros une fois la manette en main grâce au travail fait sur les mouvements de chaque personnage. Les ennemis ne sont pas en reste, qu'ils soient de taille humaine ou gigantesque. Non, sérieusement Resident Evil : Requiem, c'est la grande classe au niveau graphique et technique et certains passages sont assez impressionnants, comme celui où une grosse créature se déplace en temps réel au-dessus de votre tête à l'étage supérieur et qu'un chandelier commence à vaciller et que le plafond fait tomber de la poussière sur votre tête. La gestion de l’éclairage et des effets lumineux de manière générale est aussi l’un des points forts du jeu et il suffit d’allumer un briquet ou une lampe dans l’obscurité pour s’en rendre compte. Nous avons testé le jeu sur Playstation 5 et aucun soucis technique à signaler. Le jeu tourne en 1080P natif, le tout upscalé efficacement en 4K et avec en sus un soixante images par seconde presque figé dans le marbre. La PS5 pro quant à elle affiche du 4K natif, et offre du ray-tracing à soixante images par second. On peut opter pour du 120 images, mais cela se fait au détriment du ray-tracing.
La direction artistique en jette.
Violence : 10/10
Un jeu à ne pas mettre entre toutes les mains, c'est une certitude ! C'est gore et parfois dérangeant, et ce même pour les habitués du genre. Le PEGI recommande cette aventure pour les 18 ans et plus. C'est un jeu pour adulte et un point c'est tout.
Jouabilité : 9/10
Resident Evil : Requiem est un jeu qui possède deux phases bien distinctes. Vous aurez le contrôle de deux personnages aux caractères bien différents : en résumé, l'un est un débutant, l'autre un vétéran. Oui, l'un des héros est vaillant et habitué aux menaces que peuvent représenter les monstruosités de Resident Evil et vous n'aurez donc pas souvent peur avec lui, et l'autre personnage, bien plus fragile, qui n'a jamais vraiment vécu de telles situations, vous fera ressentir la peur, la vraie peur ! Il est assez fascinant de voir à quel point un même jeu vous fait passer avec une certaine facilité d'une émotion à une autre. Un instant vous vous sentez invincible devant dix zombies et quelques minutes plus tard la présence de deux de ces mêmes monstres vous fera faire littéralement pipi dans les culottes. Rien que pour cet état de fait, Resident Evil : Requiem est déjà une réussite qu'il faut saluer ! On a vraiment aimé la construction des endroits que l'on visite et on sent que le level design a été soigné autant que possible par des vétérans de la licence. Il est agréable de voir que le tout est homogène et il est sympathique de voir que le passage d'un personnage dans un endroit va directement avoir un impact sur le passage du deuxième. Si vous laissez un zombie en vie à un endroit, il y a de fortes chances qu'en passant à ce même endroit avec l'autre personnage il le soit aussi, et le contraire est aussi vrai. On adore voir à quel point même les plus petits détails ont été soignés. Le personnage le plus peureux va par exemple trembler un peu en tenant un pistolet, alors que le vétéran sera sûr de lui. Vous l'aurez certainement compris, le personnage débutant non habitué aux menaces que peuvent représenter les zombies possède des phases de jeu avec une construction plus proche de ce que peut être un Resident Evil à l'ancienne. Il faudra avec ce dernier soigneusement esquiver les zombies autant que possible, compter ses munitions car elles sont rares et résoudre des énigmes pour pouvoir avancer et sortir le plus rapidement possible de cet enfer. On a vraiment apprécié le sentiment de progression que le jeu réussit à instaurer et rien que trouver de quoi débloquer une sacoche qui vous laisse transporter plus d'équipement offre un grand sentiment d’accomplissement. Il est toujours aussi agréable de débloquer les portes une à une et de sentir que l'on progresse à travers les endroits dangereux dans lesquels on évolue. Le jeu permet même au joueur malin d'économiser des munitions s'il sait utiliser les spécificités de certains ennemis à son avantage. Vous l'aurez compris, il va falloir gérer son inventaire et les munitions sont assez rares, donc utilisez-les à bon escient ! Il est toujours possible de mettre du stock dans un coffre dans une salle de sauvegarde et il est donc important de bien réfléchir en amont à nos prochains mouvements. Les développeurs ont réussi à faire évoluer la routine des ennemis au fil de la progression de l'aventure et il ne faut donc jamais prendre pour acquis une zone que vous avez déjà traversée plusieurs fois, vous pourriez avoir des surprises et donc avoir vraiment peur. Bref, une réussite ! L’équipement que les personnages peuvent récupérer est assez varié pour que le joueur ne s’ennuie pas sur le long terme.
La pauvre, elle va avoir peur, vraiment peur… et vous aussi !
Le personnage vétéran, quant à lui, passera souvent en force et le tout sera plus orienté action. Avec lui vous allez pouvoir tabasser du monstre à tour de bras et même des fois à main nue. La magie dans tout ça, c'est que pendant un bon moment le jeu est assez équilibré et qu'il y a même un petit avantage qui penche du côté horreur, ce qui n'est pas pour nous déplaire ! Bien entendu, à un moment donné le côté action prend un peu le dessus, même si de façon assez surprenante le côté horreur arrive à faire un peu de retour sur la fin, ce qui pour nous est un bon point. La débutante gagne une capacité pour créer son équipement et elle peut l'améliorer en récupérant un certain type d'objet, ce qui la rend unique, et son compagnon d’infortune, quant à lui, pourra améliorer son équipement de destruction massive. Cette différence rend les deux personnages bien différents et rend le tout suffisamment intéressant. Par le passé, des rumeurs suggéraient que ce Resident Evil serait un monde ouvert, mais heureusement il n'en est rien et on arrive à nous proposer un rythme de jeu soutenu, des énigmes intéressantes et des passages un peu plus rythmés avec en bonus une partie un peu plus ouverte qui laisse le joueur un peu organiser sa vie à sa façon pendant un petit moment. On regrette d’ailleurs un peu que ce passage soit le moins réussi du lot car certains monstres font un peu office de sac à PV comme on le dit dans le jargon et qu’il faut donc parfois vider son chargeur pour en abattre certains, on aurait aimé une partie action un peu plus maitrisée et élégante, on aurait ainsi touché du bout des doigts la perfection. Ce petit manque de peaufinage se ressent aussi dans certains lieux que l’on parcourt avec ce personnage qui manquent un peu d’espace pour que tout se déroule sans accrocs. Il y a parfois trop de monstres, on va même dire trop d’action pour un espace restreint et des fois les actions contextuelles de notre héros bien badass font un peu virevolter la caméra. Notez que la gestion de l’inventaire du personnage vétéran de la franchise s’organise lui un peu différemment et qu’il utilise le modèle éprouvé de Resident Evil 4. Il est possible de choisir de jouer en vue à la troisième personne, ou bien en vue à la première personne. Le jeu recommande de jouer à la partie orienté horreur en vue subjective et la partie action en troisième personne, mais c’est vous qui voyez ! On aurait apprécié le retour d’une version PSVR2 du jeu pour en profiter en réalité virtuelle, mais on dirait que Sony n’a pas voulu lâcher un billet pour son joujou que des joueurs ont acheté plein pot pour pas grand chose. On a apprécié le travail réalisé sur le retour haptique de la manette Dualsense, il est relativement efficace.
Madame, je crois que vous êtes pas douée pour le nettoyage, non ?
Bande-son : 10/10
La musique en tant que telle n'est malheureusement pas la meilleure de la licence. Il faut d'ailleurs, selon nous, tenter de profiter si possible du pack payant de la version deluxe qui apporte certaines musiques d'anciens Resident Evil pour profiter d'une musique de save room de qualité et d'autres thèmes plus marquants dans certains lieux mythiques. Heureusement certaines musiques sortent quand même du lot. Par contre impossible pour nous dans un jeu du genre de passer sous silence la qualité du travail réalisé sur les bruitages ! Le traitement du son est absolument exceptionnel et il arrive à lui tout seul à nous faire plonger dans l'angoisse la plus profonde. Il faut tenter l'expérience au casque pour en profiter le mieux possible. Capcom a fait tout son possible pour nous proposer une gestion de la spatialisation du son exemplaire et c'est diablement efficace pour accroître la sensation d'angoisse et de peur du joueur. Les doublages, que ce soit en français ou bien en anglais, sont de haute volée. On a vraiment aimé les petites lignes de dialogue de certains des monstres qui savent faire mouche.
Le travail fait sur les éclairages est de grande qualité.
Durée de vie : 8/10
Le jeu n'est pas des plus longs du monde, mais il a le mérite d'être presque parfaitement rythmé ! Malheureusement le jeu dérape un peu trop du côté action pendant un petit moment, mais il arrive quand même à se remettre sur les rails avant la fin du jeu en remettant un peu l'horreur sur le devant de la scène. Heureusement l'ensemble du jeu au final s'avère être assez équilibré quand on fait les comptes, car jusqu'à un peu plus de la moitié le jeu tire quand même plus du côté horreur que du côté action, pour notre plus grand plaisir. Le titre offre une re-jouabilité assez bonne grâce à plusieurs modes de difficulté qui ont un véritable impact dans la façon de jouer et il faut terminer le titre plus d'une fois pour obtenir un trophée platine. Comptez environ sur une quinzaine d'heures de jeu pour une première partie.
Monsieur, je voudrais pas vous faire peur, mais il faudrait consulter pour votre peau… Comment ça vous êtes docteur ?
Scénario : 9/10
Les histoires racontées dans Resident Evil ne sont pas toujours des plus originales, ni forcément des plus cohérentes à cause de certains twists un peu sortis d'un chapeau magique, mais Resident Evil : Requiem a l'avantage de bien savoir raconter son histoire. Les deux protagonistes sont intéressants et l'histoire se laisse suivre sans aucun accroc. On a aimé à quel point le jeu traite son univers avec sérieux et on a apprécié voir des zombies qui ont cette fois-ci un peu plus de personnalité. Oui, certains d'entre eux garderont certaines mimiques de leurs vies passées et il n'est pas rare de voir un ancien boucher parler de vous comme d'un bon morceau de viande à découper. On regrette l'apparition d'un antagoniste qui avait tout pour réussir sur le papier dès le début de l'aventure, mais qui est vite effacé aux profits d'autres enjeux.
Cette main a l’air un peu malade, non ?
Note finale : 9.0/10
Resident Evil : Requiem est une réussite quasiment absolue qui parvient, selon nous, à fédérer l’ensemble des fans sous une seule et même bannière. Il est d’ailleurs assez rare pour être souligné de voir une franchise historique réussir un tel tour de force, tant les derniers opus ont pu diviser par leurs approches divergentes. Il semble que le travail sur les récents remakes ait permis aux développeurs de se réapproprier l'ADN de la licence tout en opérant une salutaire remise en question. Ce nouvel épisode prouve qu’il est encore possible de terrifier le public moderne sans sacrifier le succès commercial. Bravo à l'équipe en charge du projet chez Capcom ! À quand un Dino Crisis de la même trempe ?
Les +
Peut contenter tous les fans de Resident Evil !
Géniale sensation de progression.
Première ou troisième personne au choix.
Techniquement solide
Artistiquement somptueux.
Jouabilité efficace.
Nerveux dans les phases d'action.
Terrifiant dans les phases d'horreur.
Bien rythmé la plupart du temps.
La qualité du son !
Sait raconter son histoire.
Personnages attachants.
Bestiaire solide.
Bonne énigme.
Du bon fan service.
Sens du détail.
Routine des ennemis qui évolue au fil de la progression.
Les -
Musiques en retrait.
Petite perte de rythme pendant un moment.
L'histoire part parfois en cacahuète.
Pendant un moment, l'action prend le pas sur l'horreur.