Pokémon Pokopia
Pokopia était il y a quelques jours encore un peu délaissé par la communauté des joueurs, mais quand le jeu a débarqué et que le grand public a compris qu’il s’agissait d’un jeu estampillé "Pokémon", le monde entier s'est empressé d'en parler avec le plus de hâte possible. Les différentes présentations du jeu n'étaient pas toujours des plus engageantes et le format "Game-Key Card" que beaucoup détestent, n'a pas aidé le titre à faire parler de lui de la meilleure des façons avant son lancement. Le jeu est passé entre nos mains et on doit avouer que le concept fonctionne fichtrement bien. On ne va pas se mentir, le titre puise largement dans l'héritage de Dragon Quest Builders 1,2 et de l'indétrônable Animal Crossing de la première Nintendo Switch, mais le mélange prend avec une efficacité redoutable. Les joueurs qui cherchaient une raison pour faire tourner la Switch 2 pendant de longues heures ont enfin trouvé un candidat qui permet de réaliser cet objectif sans forcer. Allez, place au test de Pokopia et… Ah oui, le plus mignon des Pokémons dans ce jeu, c'est Bulbizarre, nah !
Graphismes : 8/10
Pokémon Pokopia fait le travail qu'on lui demande au niveau graphique, mais sans trop forcer non plus, il faut quand même pas rigoler. Le jeu de Koei Tecmo en collaboration avec Game Freak et Nintendo est donc fluide comme il faut, agréable à l’œil en tout instant grâce à une direction artistique colorée au ton pastel sympathique et pour finir mignon tout plein à l'aide d'une grosse poignée de Pokémons bien modélisés. Il faut savoir que l'animation de ces derniers n'est pas en reste et qu'une tonne de petits détails ont été ajoutés quand cela était possible. Voir un Onyx prendre une baie que vous lui tendez avec sa queue montre à quel point les développeurs aiment les petits monstres de chez Game Freak. On a particulièrement apprécié de voir tous les Pokémons vivre une petite vie bien remplie et il est toujours aussi fun de voir un Magikarp se frayer un chemin jusqu'à un lit de paille pour y faire une petite sieste.
C’est vous le héros de cette aventure !
L'ensemble de cet univers est construit d'une tonne de blocs différents, un peu à la sauce Minecraft pour ceux qui ne connaissent pas Dragon Quest Builders. Il est possible de les assembler ou de les détruire presque entièrement à votre guise. Il sera donc possible de trouver des blocs d'herbes, de sable, de briques et bien d'autres éléments que l'on peut combiner et seule l'imagination semble être la limite. On a par exemple apprécié de pouvoir creuser des cavités pour que de l'eau proche puisse s’infiltrer et ainsi créer des points d'eau. La physique est donc à ce niveau fonctionnelle et aussi utile. Pourquoi utile ? On vous l'expliquera dans la partie jouabilité, oui on sait maintenir le suspense chez nous. À défaut d'être un jeu visuellement impressionnant, ce qui est présenté sous nos yeux est propre et solide. On reste quand même un peu triste de voir qu'un peu de clipping a réussi à se frayer un chemin, mais on sait qu'il y a tout l'aspect création de monde qui tourne en arrière-plan et qui demande quand même quelques efforts au processeur de la machine. Heureusement le jeu est en contrepartie super lisible, même quand on commence à construire un tas de trucs dans tous les sens, et sur ce point c'est un véritable point fort qui se doit d'être mentionné
Un doux rêve.
Violence : 1/10
Un des jeux estampillés Pokémon le plus mignon qui existe. Le titre de Game Freak est même en vérité une espèce d'antistress à jouer. Le PEGI recommande le titre pour les 3 ans et plus. Rien de plus à ajouter, il est vraiment à mettre entre toutes les mains.
Jouabilité : 9/10
On disait plus haut : pourquoi utile ? Car Pokopia est un univers où presque tous les Pokémon semblent avoir disparu, en plus des humains. L'objectif de Pokopia, c'est donc de recréer un monde agréable pour tenter de faire revenir tout ce petit monde sain et sauf à la maison. On ne semble malheureusement pas pouvoir compter sur les êtres humains et de toute façon ils sont plus habitués à détruire qu'autre chose. On peut aussi dire qu'il semble n'en rester vraiment aucun dans les parages. Heureusement, deux Pokémons ont l'air d'avoir subsisté ! Le premier est un Métamorph que le joueur va incarner et qui a la joyeuse tendance à se transformer en être humain ressemblant fortement à un dresseur Pokémon, et l'autre est un Pokémon qui fera office de professeur pour nous aiguiller tout au long de notre noble quête. La bonne idée de ce Pokopia, comparé à un Animal Crossing, c'est que l'ensemble de l'aventure est bien guidé et que la petite histoire intrigante en place avance peu à peu au fil de nos exploits. La deuxième, c'est qu'il n'y a pas vraiment de limite de temps de jeu à la manière d'un Animal Crossing qui des fois met un stop au joueur quand il a réalisé la plupart des objectifs de la journée, surtout en début de partie. On regrette un peu de ne pas avoir de combats avec les créatures de Game Freak, car on aurait pu avoir un côté aventure encore plus prononcé comme dans Dragon Quest Builders 2, mais la boucle de gameplay sait quand même rester diablement efficace et on arrive malgré tout à nous procurer une sensation d'exploration et d'aventure diablement bien dosée. Pour faire revenir les monstres de poche qui auraient subsisté, il va donc falloir créer un habitat adapté à tous les types de Pokémons pour pouvoir les attirer. Quoi de mieux que de faire un premier pas en alignant quatre carrés d'hautes herbes si iconiques du monde des Pokémons ? Et paf, ça fait apparaître un Bulbizarre ! Notre petit Métamorph a aussi la chance de trouver un Pokédex un peu particulier en début d'aventure qui lui donne plein d'informations permettant de recréer l’habitat des Pokémons. En trouvant certains indices de plusieurs manières, le Pokédex donnera au joueur des informations importantes sur différents types d'habitats qui pourraient faire revenir un Pokémon X ou Y.
Je vais construire un petit pont en briqes ici por faciliter le passage.
Aligner par exemple quatre hautes herbes sous un arbre n'est pas la même chose que de le faire sans un arbre et cela fera potentiellement apparaître des Pokémons différents. Une fois un Pokémon attiré, les hautes herbes, par exemple, se mettront à bouger et il faudra sauter sur l'occasion pour aller découvrir qui se cache là-dedans pour pouvoir le "capturer". Le but ultime est donc bien entendu de capturer toutes les créatures de poche que propose cette aventure en remplissant un nombre d'objectifs variés. Le point fort de tout ce système de jeu, c'est qu'il y a une tonne de petits objectifs à accomplir et que les Pokémons interagissent la plupart du temps avec le joueur de manière assez naturelle. On a toujours hâte de savoir qui va être le prochain monstre que l'on va bien pouvoir faire apparaître et une fois de plus c'est à ce moment précis que la magie de la licence opère. En plus de tout cela, une fois capturé, chaque petit monstre a des requêtes bien particulières et répondre à ces dernières améliore la qualité de l'environnement, ce qui va engendrer des bonus et débloquer de nouvelles choses à faire. Métamorph gagne au fil de l'aventure des pouvoirs bien particuliers comme la possibilité de planter des hautes herbes, de couper des bouts de bois, de casser des blocs, d’arroser et plus encore. Pour les autres pouvoirs qu'il ne possède pas, il est possible de recourir à l'un des Pokémons que l'on a recrutés pour compléter une action particulière. Vous avez besoin d'allumer une bougie ? Allez demander à un Salamèche ! En plus de cela, il sera possible de construire tout un tas de trucs, comme des petites maisons et même un centre Pokémon, en récupérant des kits de construction, rien que ça ! Ne pensez pas que ça va aller vite : quand vous arrivez, votre petit coin de terre est complètement dévasté et dé-séché. Votre premier objectif sera de redonner vie à la végétation locale avec de l'eau via votre compétence pistolet à eau que vous apprendrez au détour d'une conversation avec un Carapuce. Le souci, c'est que travailler autant ça donne faim. Heureusement, vous venez de redonner vie à des arbres et vous pourrez récolter des fruits et manger pour continuer votre œuvre Ce qui est génial, c'est que même des tâches aussi banales sont agréables à faire et qu'on sent progresser notre village peu à peu à chacune de nos actions, ce qui rend l'ensemble particulièrement addictif. On pense que vous commencez à comprendre à quel point l'aventure proposée est agréable en main grâce à un game design bien fichu et aussi une maniabilité robuste.
Il y a un Bulbizarre donc cette photo est une réuussite.
Au niveau des regrets, on peut parler d'un stockage des objets un peu restreint de base, mais que l'on peut quand même un peu améliorer de plusieurs façons, grâce notamment à des coffres, mais qui sont limités en place et ne sont pas reliés entre eux. Ce dernier point peut entraîner des allers-retours un peu inutiles, et ce même si un certain type de Pokémon peut vous accompagner et stocker un léger surplus d'objets à votre place. Bref, le stock des objets que le joueur peut porter sur lui devrait être quand même un peu plus large et ce dès les premières heures de jeu. On a aussi remarqué que pas mal de fois où l'on a besoin d'un Pokémon bien précis, ce dernier a la mystérieuse tendance à être un petit filou et à aller le plus loin possible de vous, alors qu'en général il n'est pas très loin, ou on a simplement la poisse. On nous fait aussi le coup de différentes îles qui ne sont pas connectées entre elles et on nous oblige parfois à revenir sur une île bien précise pour effectuer une action, ce qui fait exister une petite notion de backtracking qui n'est pas toujours la meilleure des idées. Heureusement les développeurs ont eu la bonne idée de proposer de nouvelles idées sur chaque nouvelle île principale, ce qui maintient l'intérêt du joueur sur le long terme. Ce qui est bien, c'est qu'une fois quelque chose débloqué sur une nouvelle île, il est possible de le rapatrier dans une précédente pour encore la rendre meilleure et remplir quelques autres objectifs. Le gros point fort de ce Pokopia, c'est selon nous son accessibilité qui permet à tout le monde d'y jouer et ce sans la moindre prise de tête, tout en étant capable de proposer un système de jeu suffisamment profond pour être intéressant pour les grands comme les petits. Les différents concepts sont bien expliqués, il n'y a rien à redire sur la maniabilité et les objectifs sont toujours clairs. Les menus quant à eux sont très bien réalisés et il est difficile de s'y perdre.
Mon Bulbizarre d’amour.
Bande-son : 8/10
Pas de thèmes vraiment marquants ici, mais il y a surtout une tonne de petites musiques qui s'imbriquent pour créer un petit havre de paix sonore. Il y a des remix discrets de thèmes connus de l'univers de Pokémon, mais ils savent toujours se réinventer pour proposer quelque chose d'inédit. On regrette le manque de thèmes totalement inédits, alors que l'équipe en charge de la bande-son semble avoir du talent. Le travail sur les bruitages est de bonne facture et ils ont tous été faits pour être le plus relaxants possible. Les Pokémons quant à eux ont toujours les bruitages iconiques façon sons 8 bits que l'on aime tant et que certains joueurs savent même reconnaître.
Salamèche a allumé ce feu pour nous.
Durée de vie : 10/10
Pokopia est un véritable trou noir qui aspire le temps du joueur et s'il y joue par hasard en mode portable, il n'y a que l'alerte de batterie presque vide qui le fera retourner à la dure réalité du monde réel. Il est possible de terminer l'aventure en un peu plus d'une quarantaine d'heures, mais si vous comptez tout faire et "capturer" tous les Pokémon, vous en aurez pour votre argent. Ceux qui tomberont sous le charme du concept pourront y passer plus de cent heures pour construire des merveilles que d'autres joueurs en ligne pourront contempler. Il y a certainement déjà des gens qui sont à l'œuvre pour tenter de recréer une région entière de Pokémon, oui nos créations font tâche à côté. Il y a des petits évènements en ligne pour récupérer des bonus en tout genre et on pense que les développeurs ont gardés quelques Pokémons sous le coude pour les faire débarquer à l’improviste en organisant des quêtes spéciales. Il est possible de visiter en ligne les créations d’autres joueurs et de construire également avec eux.
Je vais casser ce mur pour voir ce qu’il y a dérrière !
Scénario : 9/10
L'histoire est un prétexte pour lancer Métamorph dans sa quête de reconstruction du monde, mais ce qui est raconté arrive en quelques lignes à être suffisamment intrigant et mystérieux pour que l'on ait envie d'en voir le dénouement. Le nombre de petits objectifs que l'on remplit peu à peu nous donne un véritable sentiment d'accomplissement et le jeu est grâce à cela toujours bien rythmé. Une fois une partie lancée, difficile de s'y ennuyer à moins d'être totalement allergique au concept. On trouve que Pokopia à réussi à faire quelque chose que Pokémon ZA était censé démontrer et qu'il n'a pas réussi à illustrer, c'est-à-dire rendre les Pokémons bien vivants dans un écosystème donné.
Bulbizarre pète la forme ! Bon ok, Carapuce aussi.
Note finale : 9/10
Pokémon Pokopia réalise un véritable tour de force en s'appropriant le meilleur d'Animal Crossing et de Dragon Quest Builders 1,2, tout en gommant les principaux défauts de ses illustres modèles. Les reproches sont rares et l'on se surprend déjà à rêver d'une suite intégrant pourquoui pas des combats de Pokémon de manière organique. Un défi largement à la portée de cette équipe selon nous qui avait déjà prouvé son savoir-faire sur le second volet de Dragon Quest Builders. Contre toute attente, le titre s'impose comme un system seller incontournable pour la Switch 2. On plaide coupable : nous ne l'avions pas vu venir car nous l’avions pas pensé aussi bien fichu, et on s'en excuse platement. Un immense bravo aux développeurs pour cette idée brillante, exécutée de main de maître. Ah oui, vous l’aurez certainement compris, mais Bulbizarre c’est MON starter !
Les +
Concept qui fonctionne.
Game design proche de la perfection.
Level-design quasi parfait.
Rythme de jeu soutenu.
Tout s'imbrique parfaitement.
Inventif.
Relaxant.
Addictif.
Traduction et localisation travaillées.
Univers intrigant.
Accessible même aux moins créatifs.
Durée de vie solide.
Visuellement mignon.
Les interactions des Pokémons.
Il y a Bulbizarre.
Les -
Un peu de clipping.
Une caméra qui aime pas trop les espaces clos.
Des Pokémons qui ont tendance à nous fausser compagnie quand on a besoin d'eux.
Ost un peu discrète.
Un peu de backtracking.
Une façon d'intégrer des combats pour le prochain ?
Les coffres pas connectés. Un peu compliqué.
Une Game-Key card pour un tel jeu, sérieux.