Fantasian Neo Dimension
Hironobu Sakaguchi, voilà un nom que beaucoup peuvent ne pas connaître, mais pour ceux qui savent de qui il retourne, la seule évocation de sa personne peut faire trembler des millions de fans à travers le monde. Monsieur Sakaguchi n'est autre que le créateur de Final Fantasy et bien d'autres œuvres mythiques de chez Squaresoft comme Chrono Trigger. Aujourd'hui, le célèbre créateur de jeux vidéo revient aux sources avec un Rpg au tour par tour qui se permet avec un budget restreint d'apporter quelque chose de nouveau au genre avec un système de combat inventif tout en restant classique dans le fond. Le nom du jeu ? Fantasian : Neo Dimension. Oui, le jeu existait déjà sur Apple Arcade et il a enfin le droit au traitement console et PC et on a le droit à quelques bonus vraiment sympathiques et à quelques corrections qui améliorent l'expérience de jeu de manière générale. Place au test d'un nouveau Rpg de monsieur Sakaguchi qui est accompagné à la bande-son par monsieur Nobuo Uematsu que beaucoup de fans d'OST de jeu vidéo vénèrent comme un dieu.
Graphismes : 7/10
Fantasian est une œuvre atypique dans notre industrie, car pour afficher son univers sur notre écran, monsieur Sakaguchi et son équipe ont décidé de créer de véritables décors faits à la main façon dioramas et de les scanner entièrement pour construire l'univers de Fantasian. Difficile donc de faire des décors plus réalistes que ces derniers, et le mieux dans tout ça, c'est que la direction artistique est quand même bien recherchée. On regrette un peu qu'une sorte d'upscale truffée d'IA ne soit pas passée par là et que le tout soit corrigé à la main pour améliorer le rendu qui passe d'un écran smartphone sur un potentiel grand écran en 4K, mais dans l'ensemble, ça fonctionne. On pourrait parler de quelques petits problèmes d'affichage aussi, quand on passe, par exemple, sous certains endroits et que notre personnage disparaît plus ou moins, car le détour du décor n'a pas été fait à la perfection, mais c'est des détails que l'on ne voit que rarement en cours de partie. Il y a donc des petits défauts, mais le titre a quand même un charme fou et est une expérience visuelle inédite de mémoire de joueur. On aurait peut-être aimé que le trip aille au fond des choses en modélisant, par exemple, des petits bonhommes façon stop motion ou bien autre chose, mais on comprend que le travail aurait été encore plus énorme pour un petit studio. La 3D utilisée de façon générale pour les personnages, les effets des magies, des compétences et plus encore est d'assez bonne facture et rend plutôt bien sur l'écran.
Ils sont sympas les personnages quand même
Violence : 2/10
L'histoire de Fantasian reste accessible au plus grand nombre. Le PEGI recommande le titre pour les 12 ans et plus.
Jouabilité : 9/10
Si on regarde Fantasian : Neo Dimension de loin, il ressemble à un Rpg au tour par tour assez traditionnel, mais quand on le prend en main, on remarque assez rapidement qu'il est bien plus que cela. On est donc sur un Rpg au tour par tour, mais avec deux mécaniques particulières qui le rendent unique. Le système base beaucoup de ses affrontements sur le positionnement des ennemis et des dégâts de zone que les alliés peuvent effectuer. Il y a donc, par exemple, quand on choisit une magie, une ligne qui apparaît et que le peut courber, par exemple, pour qu'elle touche le plus d'ennemis possible. Les attaques à l'épée, par contre, s'effectuent sur une ligne droite et il faut donc apprendre à gérer chaque compétence au mieux pour effectuer le plus de dégâts possible. Le système de progression est assez classique dans la première partie du jeu et on gagne des compétences et plus encore en montant de niveau. Arrivé à la moitié du jeu, on débloque un système de type sphérier à la Final Fantasy X pour choisir un peu nous-mêmes vers quoi faire tendre nos héros. Ce qui est malin, c'est qu'au début il n'y a que notre héros qui dispose de cela et qu'il faut accomplir certaines quêtes pour débloquer celui des autres personnages.
On aime beaucoup toute cette image. Les décors existent vraiment ! Ce Boss est aussi bien pensé !
Le jeu était divisé en deux parties par le passé et on remarque assez facilement grâce à cela où était la coupure entre les deux épisodes. Un autre système est en place et il permet grosso modo de stocker les combats aléatoires sur lesquels on tombe pour pouvoir affronter une nuée d'ennemis en une fois si on se sent assez fort pour le faire. C'est une idée vraiment pas mal qui peut aider à rendre les combats aléatoires un peu plus digeste que d'habitude. Bien entendu, la première fois que vous rencontrez un type de monstre, vous devez obligatoirement le battre avant de pouvoir l'intégrer à ce système. C'est quand on regroupe beaucoup d'ennemis que le système de combat à base de dégâts de zone prend tout son sens et devient terriblement plaisant. Bref, l'équipe de monsieur Sakaguchi démontre qu'il y a encore plein d'idées à fouiller du côté du tour par tour et on espère que Square-Enix en prendra un peu de la graine pour de futurs Final Fantasy. On a d'ailleurs été agréablement surpris de voir des idées inédites dans un tour par tour, comme un ennemi qui utilise par exemple un rocher qui tourne autour de lui comme un bouclier et qu'il faut donc attaquer au bon moment pour pouvoir le toucher. Bref, génial ! Un nouveau mode de difficulté a été ajouté et il permet de contrer ce qui était le gros défaut de la version originale, qui était une difficulté mal calibrée à partir de la deuxième partie du jeu. On conseille, si possible, de jouer en difficile la première moitié du jeu et de passer en normal après le déblocage de l'arbre de compétences pour profiter d'une bonne difficulté tout le long de l'aventure. L'exploration est assez traditionnelle et on explore cet univers un peu à la façon d'un Final Fantasy de l'ère Playstation en trouvant des coffres, des secrets, en parlant à des gens et en suivant les péripéties des héros. La première partie du jeu est plus linéaire et la deuxième est bien plus ouverte et propose au joueur une construction qui ressemble bien plus à un Final Fantasy à l'ancienne où il faut partir à l'aventure pour accomplir son destin. Les quêtes annexes sont parfaitement construites et ressemblent même souvent à du contenu principal, ce qui est génial. Un plus appréciable comparé à beaucoup de Rpg de notre époque ? On peut rentrer dans plein de bâtiments différents et profiter d'intérieurs travaillés. Il y a quelques légers problèmes pendant l'exploration, car la caméra est fixe et que, des fois, quand elle doit bouger, les contrôles se retrouvent inversés, mais rien de bien problématique en jeu.
Déblocage de nouveaux pouvoirs en cours !
Bande-Son : 9/10
L'illustre monsieur Nobuo Uematsu est sur la bande-son et on reconnaît le talent de ce grand monsieur dès les premières notes qui rentrent dans nos oreilles à l'écran titre. On est à 58 musiques au compteur, ce qui est assez conséquent et qui colle plutôt bien avec la durée de vie du titre. Ce qui est bien avec les œuvres de monsieur Uematsu, c'est qu'il propose toujours une OST avec beaucoup de variété qui va de morceaux calmes qui couvrent particulièrement bien les endroits que l'on explore et qu'il sait parfaitement illustrer et appuyer les moments plus touchants et intimes d'une histoire. Il sait aussi être plus "rock" et rendre les moments de tension et de combat hyper dynamiques et marquants. Le mieux dans tout ça, c'est que, de manière générale, ses mélodies sont dans les grandes lignes tellement bien écrites qu'elles restent facilement en tête et qu'on s'en rappelle pendant très longtemps. On a aimé les ajouts des voix dans cette version qui apportent un petit plus non négligeable dans les scènes les plus intenses. Le doublage japonais autant que l'anglais fonctionnent bien. Les bruitages, quant à eux, sont tous de bonne facture. En bonus, nous avons quelques musiques de Final Fantasy que l'on peut sélectionner en plein combat si l'envie nous en prend.
Il fait chaud dans le désert
Durée de vie : 8/10
Ne pensez pas que vous allez terminer Fantasian en quelques heures seulement ! Le titre tient sur la durée, et pour en venir à bout en mode histoire en jouant normalement, il vous faudra au minimum 40 heures, et normalement bien plus. Le compteur pourra même monter à plus de 60 pour en faire vraiment le tour. Un mode new game plus est disponible pour les plus acharnés de la manette et une récente mise à jour permet d'augmenter la difficulté à chaque nouvelle partie. Le rythme du jeu est assez bon et on prend vraiment plaisir à suivre les aventures de nos héros. Le mode de difficulté normal est le très bienvenu, surtout pour la deuxième partie du jeu qui était trop compliquée pour pas grand-chose dans le jeu original et parfois même injuste. On vous conseille de commencer le jeu en difficile et de baisser la difficulté quand vous débloquez l'arbre de compétence, dans l'idéal.
Les Boss sont vraiment des moments mémorables pour diverses raisons !
Scénario : 8/10
La meilleure histoire racontée par monsieur Uematsu ? Non, car son CV est truffé de jeux complètement fous à l'instar de Final Fantasy IV, VI, VII, VIII, IX, X, Chrono Trigger, The Last Story et bien plus encore, mais est-elle plus recherchée et agréable à suivre que celles de beaucoup de Rpg modernes ? Oui, clairement ! Monsieur Sakaguchi a un don pour agencer une histoire et son déroulement, son rythme ainsi que pour créer des personnages attachants, et c'est clairement le cas dans Fantasian. On aurait aimé que le studio du monsieur ait beaucoup plus de moyens pour porter tout cela à un autre niveau grâce à une mise en scène plus dynamique, mais cela a quelques avantages, comme d'avoir une liberté quasi totale dans les thèmes abordés. On sent aussi que les personnages ont pour la plupart un petit manque de charisme. Le gros défaut pour nous ? Pas de traduction française, le jeu est en anglais.
Le système de dégâts sur plusieurs ennemis et qui dépends des compétences et des héros est vraiment bien pensé !
Note Finale : 9/10
Fantasian : Neo Dimension est un Rpg touchant et qui prouve que le tour par tour en a encore sous le coude si on a la volonté de creuser un peu le sujet. On a vraiment apprécié parcourir cette aventure, car le jeu sait faire confiance à notre intelligence et qu'il est lui-même construit de façon maline. C'est le jeu vidéo qu'on aime et qu'on a parfois de la peine à retrouver de nos jours. Hironobu Sakaguchi signe un nouveau jeu qui touche au cœur et qui sera surtout apprécié de tous ceux qui ont connu Final Fantasy à l'époque de la SNES et de la Playstation. En plus de proposer du neuf dans le domaine du Rpg au tour par tour, on profite de décors réels faits à la main avec un très grand soin, le tout avec une véritable direction artistique, et rien que pour cela, l'expérience mérite d'être tentée au moins une fois dans la vie. On espère sincèrement voir un autre Rpg de cette équipe, car il y a toujours un petit quelque chose de magique qui se dégage des œuvres de monsieur Sakaguchi, surtout quand elles sont accompagnées des mélodies de monsieur Nobuo Uematsu.
Les +
Un jeu qui respecte l'intelligence du joueur.
Très riche.
Système de combat bien fichu qui renouvelle le genre.
Prouve que le tour par tour n'a pas été exploité à 100%.
Construction du jeu maline dans la partie 2.
Rythme toujours bien maîtrisé.
Quêtes annexes presque toutes intéressantes.
Quand le "sphérier" se débloque, on dirait déjà Fantasian 2
Quelque chose d'inédit graphiquement parlant.
L'ajout du mode normal est un must.
Bonne OST.
On peut rentrer dans plein d'intérieurs !
Les villes vivantes.
Le système de changement de personnage hérité de FFX est vraiment génial !
Esters Eggs bien placés !
Les -
Léger manque de charisme des héros.
Peut parfois être un peu dur pour les non-initiés.
Sur de gros écrans 4K, le portage montre ses limites.
La caméra en exploration des fois pas top même si c’est pas très grave.