Tales Of Berseria : Remastered

L'équipe en charge des Tales Of semble ne pas vouloir arrêter d’enchaîner la sortie de remasters d'opus assez récents et aujourd'hui c'est au tour de Tales Of Berseria d'être au menu du jour. Les développeurs avaient décidé à l'époque de remettre les choses bien à plat avec cet opus. Le but était de repartir sur des bases solides, afin d'avoir un titre capable de faire l'unanimité aux yeux de tous les puristes. Cela était quelque chose de nécessaire, car il faut avouer que même si on a presque toujours évité la catastrophe avec la licence, les quelques opus sortis avant Berseria sous la houlette de Hideo Baba n'étaient plus trop au niveau de ce que l'on attendait d'une telle licence. Avec un autre directeur en tête du projet portant le nom de Yoshimasa Tanaka et un autre producteur répondant au nom de Yasuhiro Fukaya, la licence pouvait enfin tenter de reprendre du poil de la bête. La mission avait été réussie à l'époque et Tales of Berseria est un RPG solide, mais la question aujourd'hui est de savoir s'il avait véritablement besoin d'un remaster ?

Graphismes : 6/10

Tales of Berseria était plus ou moins au même niveau que Tales of Zestiria et la seule différence était la direction artistique prise par les deux titres qui les différenciait vraiment l'un de l'autre. On sentait déjà que le moteur de la licence était à bout de souffle à l'époque et on avait raison car l'opus suivant était de toute beauté. La direction artistique reste néanmoins franchement sympathique et le titre nous fait voyager dans un grand nombre d'endroits différents. On reste encore une fois avec des donjons manquant d'inspiration au niveau de l'aspect visuel, mais l'univers reste dans l'ensemble cohérent et les environnements extérieurs sont pour la plupart sympathiques. Pendant les phases d'exploration, ainsi que lors des combats, le jeu tourne comme un charme et les soixante images par seconde sont constantes sur notre machine. Aucune chute de framerate n'est donc à déplorer et ce même lors des combats hyper dynamiques avec un tas d'effets et une grande poignée d'ennemis. Une mise-à-jour récente permet au jeu d'atteindre les 120 images par seconde sur notre version PC et cela fera certainement plaisir à pas mal de joueurs qui apprécient ce taux de rafraîchissement. Au niveau des véritables améliorations visuelles, il n'y en a pas vraiment. Le clipping reste quasiment en tout point le même, les temps de chargement nous semblent zéro virgule une seconde plus rapides et au final il n'y a qu'une image un brin plus nette au niveau des textures, le tout avec moins d'aliasing ainsi qu'une légère augmentation de la constance du framerate qui pourra faire que les gens préféreront cette version à l'originale.

Velvet est la plupart du temps (très) énervée.

Violence : 5/10

Certainement l'un des Tales Of les plus « dark », même si on reste à des années-lumière d'un God of War, pour ne citer que lui. C'est surtout l'histoire qui est ponctuée de moments assez intenses et qui parle d’événements très sérieux. Le PEGI recommande le titre aux 16 ans et plus et cela nous semble assez juste.

Jouabilité : 8/10

Pas encore au niveau de la précision sans faille d'un Tales of Graces F, ce Berseria corrige quand même d'un coup de balai tous les problèmes de caméra que Tales Of Zestiria avait amené avec lui dans son sac. Les transitions d'écran entre les phases d'explorations et de combats étaient donc bien de retour avec cet opus et franchement, c'était tant mieux ! Les seuls moments où les transitions entre l'exploration et les combats n'existent pas sont en général contre des ennemis possédant une zone bien à eux pensée pour le combat et cela donne lieu à un effet vraiment agréable, qui tend à dynamiser l'ensemble de la mise en scène dans les moments les plus importants. Pour ce qui est du système de combat en lui-même, on reste sur quelque chose de similaire à ce qu'il se fait d'habitude au niveau de la prise en main des opus en 3D, mais beaucoup de subtilités propres à cet opus viennent s'ajouter par-dessus. On est en face d'un système, la plupart du temps bourrin. Le système d'esprit qu'instaure cet opus est intéressant, car plus le joueur en accumule, plus il devient une brute lors d'une joute, mais tomber à court de ces derniers peut s'avérer très dangereux, et ce même contre des ennemis assez faibles pour notre niveau. Au début de chaque affrontement, les héros commencent avec trois esprits et petit à petit il est possible d'en voler à ses ennemis en les terrassant, en les assommant, ou bien encore de diverses façons. Il faut faire attention, car ce qui est valable pour le joueur l'est également pour les ennemis ! Les ennemis peuvent donc bel et bien nous dépouiller de nos esprits assez rapidement. Sacrifier un point d'esprit à un mauvais moment, afin de placer une attaque dévastatrice et d'en perdre un autre droit derrière, car un ennemi nous assomme juste après, peut vite faire rentrer le joueur dans un engrenage fatal. Il faut donc toujours veiller à avoir au moins une petite réserve, afin de pouvoir se sortir d'un mauvais pas si on n'est pas certain de maîtriser la situation. Si malgré tout il arrive un pépin à notre personnage malgré toutes les précautions que l'on peut prendre pour éviter de se retrouver à court d'âmes, on peut toujours sacrifier un des points d'attaques spéciales, afin de faire rentrer en jeu un personnage de la réserve, qui serait en meilleure forme pour nous sortir d'une sale affaire.

Les cinématiques animées sont encore aujourd’hui du plus bel effet.

En bref, les combats de ce Tales of sont vraiment bien pensés et on pourrait encore parler de la possibilité d'utiliser une capacité spéciale du personnage principal qui le rend bien plus puissant pendant un moment en sacrifiant quelques points de vie. Ce dernier est selon nous un peu trop puissant, surtout à partir du milieu de l'aventure, et le personnage principal est avantagé par rapport à tous les autres. Il devient si puissant qu'il est difficile de ressentir de la difficulté en mode normal après avoir passé un certain cap de l'aventure. Pour ceux qui aiment un minimum de challenge, il faudra pousser le curseur un peu plus haut. Le système de progression des personnages est à notre avis un peu fouillis, car il est très lié aux différents équipements qui permettent d'obtenir des compétences différentes dès qu'elles sont maîtrisées, mais cela reste quand même globalement efficace, même si on a l'impression que l'ensemble manque un poil de clarté. Ce Tales Of propose surtout une aventure dotée d'un bon rythme de jeu et cela est une grande force, même si on dénote parfois quelques allers-retours un peu agaçants, mais rien de bien méchant non plus n'est à signaler. Il y a aussi quelques mini-jeux bien sympathiques à faire et c'est toujours mine de rien bien vu dans un RPG Le système de titres est toujours présent et cela permet de faire pencher un personnage plus d'un côté ou d'un autre au niveau de ses statistiques, compétences et tout ce qui est lié à la progression de ce dernier. Quelques petits ajouts de confort sont au programme de cette version remasterisée et on retrouve donc sans grande surprise un marqueur de progression pour les objectifs en cours un peu plus sympa. On a dénoté la présence d'une sauvegarde automatique. Le magasin spécial en début de partie qui doit être débloqué dans la version originale est ici présent dès le début de la partie et on vous le déconseille s'il s'agit de votre première partie. Pour finir, il existe la possibilité de désactiver les combats quand on touche un ennemi si on le souhaite.

Bande son : 8/10

Peut-être le point le plus « décevant » du jeu quand on le compare avec Tales of Zestiria. Motoi Sakuraba reprend les rênes en solo contrairement au dernier opus et cela se ressent sur l'ensemble de l'ost. La bande son précédente était vraiment d'une justesse presque toujours sans faille, car elle profitait du savoir-faire de Monsieur Sakuraba et de Monsieur Go Shiina, qui pouvaient chacun prendre le temps de vraiment se concentrer sur ce qu'ils savent faire de mieux. Dans le cas présent, on a un seul compositeur œuvrant sur une tonne de jeux par année, qui doit rendre une grande bande son à lui tout seul. Ne vous détrompez pas, le résultat sait rester agréable en toutes circonstances, mais il est juste moins marquant que Zestiria, alors que ce Berseria fait mieux que son prédécesseur sur absolument tous les autres points. Le jeu propose les voix japonaises et les doubleurs sont absolument géniaux, on retrouve au casting des doubleurs comme Toshiyuki Morikawa, qui n'est autre que la voix du terrible Sephiroth de Final Fantasy VII, Minato de Naruto ou encore Dante de Devil May Cry. Mention spéciale pour la voix de Magilou également qui nous propose un doublage absolument génial. Les voix anglaises sont sympathiques.

Les combats ont beaucoup de punch.

Durée de vie : 8/10

Tout aussi long que Tales of Zestiria et surtout mieux rythmé, ce Tales of propose de quoi faire au joueur qui accepte de lui consacrer du temps. Comptez sur une soixantaine d'heures pour boucler rien que l'histoire et bien plus récupérer tout ce qu'il est possible de récupérer. Bonne chance pour le cent pour cent, vous en aurez bien besoin ! On regrette que quelques allers-retours se soient glissés de temps à autre dans l'aventure, car le jeu n'en avait clairement pas besoin, mais même comme cela le rythme de l'aventure ne descend jamais vraiment. On continue de trouver que ce remaster n'était pas vraiment nécessaire sur PC, même si d'un côté on comprend qu'il permet de rendre le jeu accessible sur les consoles actuelles

Les personnages sont tous attachants.

Scénario : 9/10


Une histoire très mature, accompagnée de personnages vraiment attachants. Tous les personnages sont dotés d'une personnalité forte et l'ensemble du jeu est enrobé dans une histoire aux enjeux sérieux. Aucun doute n'est possible, on est dans un Tales of haut de gamme à ce niveau ! Cela fait vraiment plaisir de voir un RPG proposant une histoire si bien racontée avec des enjeux si sérieux et un rythme soutenu comme à la bonne époque. Mention spéciale au personnage de Velvet qui crève l'écran, surtout dans les débuts de l'histoire. Les saynètes sont bien évidemment de la partie et permettent de mieux comprendre les motivations de chaque personnage, elles sont si bien écrites qu'on attend généralement avec impatience la prochaine. La traduction française est bonne dans l'ensemble et c'est un bon point, même si on dénote quelques grosses approximations de temps à autres

La mise en scène des attaques spéciales envoient toujours du lourd !

Note finale : 7,5/10

Même avec ce remaster, Tales of Berseria reste un titre techniquement daté, mais qui heureusement nous surprend encore aujourd'hui en bien par certains aspects. Une fois de plus, c'est les personnages, l'écriture du scénario, ainsi que le rythme du jeu qui font mouche et qui permettent de passer un bon moment. Comme ce jeu était sorti sur des consoles déjà puissantes, il ne gagne pas grand-chose au passage avec cette nouvelle itération. Le seul gros avantage que l'on voit directement, c'est qu'il va pouvoir enfin être disponible sur des consoles portables comme la Nintendo Switch, et ça c'est un point non négligeable pour un tel jeu.

Les +

Toujours un bon Tales Of.

Le système de combat est bon.

Les personnages.

L'histoire.

Le rythme.

Il sera enfin jouable sur consoles portables.

Doublages japonais d'exception.




Les -

Pas grand-chose de neuf.

Velvet est toujours surpuissante.

Au niveau technique, presque rien n'a changé.

Pas la meilleure OST de la licence.

Level design encore plus vieillot aujourd'hui.

On trouve l’original bien moins cher.

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