Saros
Fort du succès critique de Returnal, le studio Housemarque a lancé un nouveau chantier ambitieux avec le soutien de Sony, qui l'a officiellement racheté en juin 2021. Certainement impressionné par le potentiel de l'équipe sur le long terme, le constructeur semble avoir donné quasiment carte blanche pour que Housemarque puisse façonner Saros comme ils le souhaitaient. Conçu comme la suite spirituelle de leur hit de 2021, ce nouveau jeu s'en démarque pourtant à bien des égards, ce qui apporte une bouffée d’air frais. Ce nouveau titre permet aux néophytes de se lancer dans l'aventure sans craindre de monter dans un train déjà en marche. Toujours aussi grisant et exigeant, mais beaucoup plus flexible, Saros s'impose comme l'évolution logique du jeu d'arcade d'antan. Il est selon nous une expérience incontournable pour tout amateur d'action même si pourtant il ne corrige pas toujours les défauts de Returnal pour autant.
Graphismes : 9/10
Housemarque a gagné beaucoup de savoir-faire au niveau de la direction artistique avec la création de Returnal, ils ont d'ailleurs à présent bien plus de budget et cela se ressent dans ce Saros. Le nouveau-né du studio est selon nous bien plus abouti visuellement parlant et on le comprend dès les premières minutes de jeu. Le studio nous sert sur un plateau d'argent une direction artistique qui sent bon la science-fiction et nous fait voyager à travers différents biomes aux aspects bien marqués. On a été agréablement surpris par la distance d'affichage qui sert son propos et il n'est pas rare de voir en arrière-plan de bien beaux panoramas qui font vibrer la rétine. On aurait bien aimé que les teintes soient un peu plus différenciées d'un environnement à un autre, ce qui aurait permis au jeu de se démarquer encore un peu plus visuellement parlant, mais ce n'est malheureusement que rarement le cas. Au niveau de la technique, impossible de reprocher quoi que ce soit à cette production tant le tout est fluide alors que sans relâche tout explose à l'écran grâce à la présence d'un incalculable nombre de particules en tout genre. Le titre se fige quasiment sur du soixante images par seconde pendant tout le long de l'aventure, que cela soit sur la PS5 ou la PS5 Pro. On aurait aimé ressentir pendant les différentes séquences scénarisées la même chose que tout ce que l'on ressent pendant les phases de jeu car oui la mise en scène de l'histoire fait un peu vieillotte à côté du reste. On n'est pas trop étonné par ce dernier point car le studio n'a jamais été connu pour pondre des jeux avec de grandes scènes à la façon d'un Uncharted 4, mais maintenant que Sony est derrière le studio, on en attendait un peu plus à ce niveau.
Le héros a la tête d’un protagoniste qui va morfler.
Violence : 3/10
Saros n'est pas un jeu ultra-violent en soi. Le PEGI recommande le jeu pour les 12 ans et plus et on est plutôt d'accord avec eux car on ne fait que tirer sur des monstres imaginaires qui ne sont pas terriblement effrayants.
Jouabilité : 9/10
Si vous avez déjà joué à Returnal, vous avez déjà les bagages nécessaires pour comprendre les bases de Saros. Le joueur est grosso modo lancé dans une espèce de boucle, où chaque fois qu'il meurt, il progresse aussi d'une certaine façon car de nouvelles choses vont se débloquer pour faire progresser l'aventure. Autant au niveau des sensations en main on a pas grand-chose à redire car il faut avouer que c'est un véritable délice à manier, autant au niveau de la construction du jeu on devra être un peu plus sévère. Les biomes sont au final peu diversifiés au niveau du level design, ce qui n'était pas le cas dans Returnal, qui savait nous proposer pas mal de passages inventifs. Dans Saros, il faudra s'armer de patience et être vers la fin du jeu pour voir un peu d'originalité pointer le bout de son nez, ce qui est un peu dommage. On aurait aimé que le jeu fasse preuve d'un peu plus d'audace au niveau du level design et ce n'est pas le gain d'un peu de verticalité qui nous fera dire le contraire car on gagne en contrepartie un peu en linéarité. Heureusement tout cela est contrebalancé par des armes qui ont de la poigne, un ressenti à la manette qui est exquis grâce à une DualSense plus en forme que jamais et un bestiaire aussi varié que réussi. Le titre arrive aussi à inventer une gestion de la prise de risque grâce à son système de bouclier qui permet de se défendre face à certains types de projectiles et qui nous permet de remplir une jauge et ainsi déclencher des attaques dévastatrices. On nous oblige à ne pas en abuser et alterner entre l'esquive et cette mécanique de défense est essentiel car sinon la jauge que l'on tente de remplir va se vider. Ce point est assez ingénieux et donne une grosse intensité aux joutes, ce qui nous force à mettre en place des stratégies de jeu et c'est donc génial.
Je vous l’avait dit qu’il allait morfler !
Les Boss sont les véritables stars du jeu et chaque affrontement important saura se montrer mémorable. Saros est du premier abord plus accessible que Returnal, mais le joueur peut assez facilement personnaliser son expérience de jeu et le rendre bien plus ardu en utilisant par exemple le Modificateur carcosien Cette spécificité du système de jeu nous permet de rendre l'expérience de jeu un peu plus facile, mais nous oblige quand même à ne pas le rendre trop facile, mais il permet par contre de rendre aussi difficile que possible notre partie sans nous imposer de restrictions. Pour résumer on a une espèce de conteur de vitesse avec une aiguille qui nous permet de mettre des bonus d'un côté tout en équilibrant le tout avec un malus, mais il par contre possible de mettre autant de malus que l'on souhaite. C'est un système assez malin selon nous et qui laisse le joueur faire un peu sa petite cuisine dans son coin pour arriver à la difficulté souhaitée. Contrairement à Returnal, se faire tuer ne nous fait pas retourner à zéro et il est possible, dans le hub du jeu, d'utiliser la Matrice d'armure en récupérant des points qui s'utilisent à la façon d'un arbre de compétences et qui nous permet d'acquérir un grand nombre de bonus pour devenir plus forts de façon permanente. Il manquait selon nous cela à Returnal pour le rendre un peu plus accessible au grand public, même si cela fera certainement claquer deux ou trois dents des hardcore gamers qui peuvent toutefois totalement se passer de tout cela s'ils le souhaitent car le jeu ne nous force jamais la main. On nous met aussi à disposition des téléporteurs qui permettent de se rendre dans les biomes déjà visités, ce qui peut faire gagner du temps, mais revenir au premier n'est pas forcément du temps perdu, tant il est possible de ramasser plus d'équipements en voyageant un peu plus. On a dénoté quelques problèmes d'équilibre entre les armes, ce qui est un peu dommage quand on sait que le nombre d'équipements n'est pas des plus grands et il aurait été malin d'avoir un peu plus d'équilibre pour pouvoir varier les plaisirs de jeu un peu plus souvent.
Bande-son : 8/10
La bande-son est de manière générale de qualité, mais la plupart des thèmes sont malheureusement un peu discrets et ce n'est que vers la fin de l'aventure que la musique devient de plus en plus présente et qualitative. Les doublages sont de qualité même en français et les bruitages sont quant à eux excellents et savent donner du punch aux affrontements.
Pourcentage de chances de se faire atomiser ici ? Hum 99.98% ?
Durée de vie : 8/10
Il faut une quinzaine d'heures de jeu pour en venir à bout et environ une vingtaine pour obtenir la vraie fin, ce qui est selon nous une durée de vie sympathique pour un jeu de ce genre. On reste cependant un peu sur notre faim car la partie "roguelite" que l'on avait sur Returnal est encore un peu plus atténuée ici alors qu'on espérait secrètement un peu le contraire et cela casse donc un peu selon nous l'intérêt de relancer une nouvelle partie après avoir vu la vraie fin. On est en face d'une durée de vie honnête, mais on espérait que le studio allait trouver une étincelle d'ingéniosité à la façon d'un Binding of Isaac pour nous faire revenir sur le jeu de temps en temps dans le futur.
Il y a des choses bizarres dans l’espace.
Scénario : 8/10
Si vous attendez de Saros une histoire simple à comprendre et pleine de rebondissements, passez votre chemin. On a le droit à une aventure écrite avec un certain savoir-faire, mais elle reste assez cryptique tout du long et ce n'est que vers la fin de l'aventure que l'on va commencer à faire toutes les connexions et comprendre ce qu'il se passe réellement. Pour ceux qui deviendraient fans du jeu, il est aussi possible de s'aider d'un livre dénommé Le Roi en jaune écrit par Robert W. Chambers, qui aide fortement à mieux comprendre cet univers si singulier. Ce que le joueur va plutôt garder en tête, c'est plutôt purement toute la partie jeu vidéo de cette aventure dans un lieu dangereux, dans un univers inquiétant qui est, il faut le dire, plutôt bien rendu à l'écran.
Note finale : 9.0/10
Manette en main Saros est un véritable petit plaisir et il nous rappelle qu'il est possible d'avoir en 3D des jeux ultra nerveux manette en main qui nous rappellent pourquoi on aime autant les jeux d'Arcade à l'ancienne comme des Metal Slug, ou bien encore des Contra. On espérait un peu plus de folie au niveau du level design et un peu plus d'inventivité au niveau de l'aspect roguelite du jeu pour nous faire revenir sans cesse dans cet univers si particulier, mais il semble que Housemarque n'arrive pour l'instant pas à mettre le doigt dessus. Ils devraient selon nous s'inspirer de quelques jeux indépendants du genre pour trouver la bonne formule qui pourrait rendre un jeu du genre tout simplement immortel pour les fans du genre. Reste que parcourir ce Saros de fond en comble au moins une fois est un véritable petit plaisir et qu'il est maintenant possible d'en venir à bout sans trop de frustration. En résumé, c'est une très bonne porte d'entrée du genre pour le grand public.
Les +
La prise en main, du pur bonheur.
Boucle de gameplay qui fonctionne.
Le bestiaire de qualité.
Très joli à regarder.
Plus accessible tout en pouvant être difficile.
La Dualsense bien utilisée.
Très bon rythme.
Montée en puissance très agréable.
Univers crédible.
Les -
Ne règle pas les principaux défauts de Returnal.
Aspect Roguelite, service minimum.
Level design pas des plus inventifs.
Pas trop d'armes et un certain déséquilibre existe.
Mise en scène un peu plate.
Histoire un peu trop cryptique parfois.
Devoir attendre la fin de l'aventure pour un peu plus d'inventivité.