Pragmata Nintendo Switch 2
Dans le sillage du succès critique et public de Resident Evil : Requiem et de la réussite de Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection, Capcom maintient une cadence impressionnante avec la sortie du mystérieux Pragmata. En cette année 2026, force est de constater que l’éditeur ne se repose pas sur ses acquis. Avec cette nouvelle licence ambitieuse, la firme d'Osaka prouve qu'elle ose encore investir massivement dans de nouvelles licences. Annoncé dès 2020, ce projet de longue haleine aura nécessité une certaine patience de la part des joueurs et certainement des ressources colossales de la part de Capcom. Un pari audacieux dans un marché du triple A de plus en plus frileux, où s'imposer avec une création originale relève du tour de force. Mais le jeu en valait-il la chandelle ? De notre côté on salue d’entrée de jeu la prise de risque. Sans plus attendre place au test de cette version Nintendo Switch 2 !
Test de la Version Nintendo Switch 2.
Graphismes : 9/10
Pragamata est un beau projet qui puise allègrement ses inspirations dans la science-fiction de manière générale. L’esthétique du titre est donc léchée tant au niveau technique que purement artistique. Il faut dire que quand on a Shōji Kawamori dans l'équipe, qui n'est autre que le génie derrière Macross et la plupart du design des méchas de la licence, on part déjà avec des bases sacrément solides. Il n'est donc pas étonnant de retrouver des ennemis robotisés qui ont une sacrée présence à l'écran, qu'ils soient petits ou grands, et un héros qui se ballade dans une armure qui en impose. L'histoire se déroule donc dans l'espace et on se baladera donc la plupart du temps dans des environnements aux allures de stations spatiales réussies, dignes d'Alien, ou encore d'un Star Wars. L'aspect technique est quant à lui tout aussi soigné et il n'est pas rare de garder la bouche ouverte sur quelques plans assez simples, mais pourtant magnifiques. Les moteurs de jeu vidéo ont toujours eu une certaine aisance à nous présenter des environnements métalliques bien fignolés et ce n'est pas Pragmata qui nous fera dire le contraire. Le RE Engine de Capcom fait encore une fois des merveilles et la versatilité du moteur de l'éditeur nous surprendra toujours tant il semble avoir de la facilité à passer d'un jeu arborant une esthétique très inspirée de l'animation comme Monster Hunter Stories 3 à un titre plus réaliste comme Pragmata, comme si c'était qu'une simple broutille. Le jeu s'offre le luxe de nous faire aussi visiter quelques endroits extérieurs pour que l'on puisse respirer un peu et cela apporte un peu plus de variété à l'ensemble. Cette version Nintendo Switch 2 est techniquement aboutie et nous impressionne même quand on y joue en format nomade. Bien entendu comparé à la version PS5 on perd en détails au niveau des ombres, de la qualité des textures et de certains autres effets. Les cheveux de Diana par exemple ne s’animent pas vraiment animés quand le héros saute et qu’il retombe, alors que sur Playstation 5 ils s’envolent et retombent de façon naturelle. La fréquence d’affichage en prend aussi un coup et on reste sur quelque chose d’assez instable entre 50 et 55 images par seconde, mais en format nomade, ça fonctionne pas mal. Vous l’avez bien compris, on perd donc en détails, mais le cœur du projet reste largement agréable et jouable de façon nomade, donc le plus important et parfaitement retranscrit.
Shōji Kawamori au design des robots ça donne ça !
Violence : 4/10
Le jeu n'est pas des plus violents. Le PEGI recommande pourtant le titre pour les 16 ans et plus, mais on pense qu'il pourrait être entre les mains de joueurs un peu plus jeunes si toutefois les parents surveillent d'un œil.
Jouabilité : 8/10
Pragmata est une petite bouffée d'air frais dans le domaine des jeux d'action. L'équipe de Capcom a réussi à faire cohabiter action et réflexion sous un même toit, ce qui est assez rare pour être souligné. Le héros est accompagné de la charismatique petite Diana qui a le pouvoir de hacker les ennemis à distance. Il suffit de viser un ennemi avec une arme pour qu'un petit tableau s'affiche sur la droite et que le temps ralentisse un peu. Il faut résoudre une petite énigme avec les quatre principaux boutons de la manette (X, A, B et Y) pour avancer de case en case et atteindre l'objectif affiché pour causer un état de faiblesse aux ennemis. Il faut à tout prix éviter d'être blessé pendant que l'on est en train de hacker l'ennemi, sous peine de remettre l'énigme à zéro, et après avoir pris le coup de main, il devient assez naturel d'être prêt à esquiver à tout moment grâce aux petits propulseurs de notre combinaison qui s'activent d'une seule touche. Les combats gagnent grâce au hacking un certain aspect stratégique et le meilleur dans tout ça, c'est que les capacités de hacking de la petite Diana évoluent au fil de l'aventure. Il devient donc possible par exemple d'hacker un ennemi et que l'effet se propage aux ennemis proches de ce dernier et bien plus encore. Le titre de Capcom offre une boucle de gameplay intéressante et surtout sait nous proposer à chaque retour à la base de quoi faire progresser nos deux personnages de manière suffisamment complète pour maintenir l'intérêt du joueur vivant. On est content de voir que le ralentit un peu à la façon d'un Final Fantasy VII : Remake fasse gentiment des émules et que cela permette à certains jeux d'action de se réinventer et de tenter quelque chose d'inédit. Les deux personnages profitent aussi d’une action spéciale ultra stylisée que l’on vous laisse découvrir. L'autre point fort de Pragmata, c'est de nous proposer une bonne composante d'exploration. Le héros peut par exemple sauter, courir, et un peu planer et Diana peut hacker certains éléments du décor pour les faire exécuter des actions, ce qui a permis aux développeurs d'instaurer des phases de plateforme dans Pragmata. Ce qui est bien, c'est qu'explorer des zones secondaires permet de gagner des bonus en tout genre qui améliorent nos deux personnages et il est donc tentant pour le joueur de revenir dans certaines zones pour les compléter à 100 %. Pragmata ne souffre au final que d'un level design parfois un peu redondant et répétitif pour avancer dans la quête principale à base de terminaux à hacker assez semblables pour débloquer des portes, même si heureusement certains moments délaissent ce côté très carré un peu vieillot. Le bestiaire est aussi également assez varié pour savoir nous tenir en haleine et c'est au final ce qui est le plus important dans un titre du genre. On a aimé qu'aucune arme du héros ne soit délaissée au profit d'une autre et que l'on trouve toujours une utilité à chacune des armes rencontrées au gré de l'aventure.
Il est pas très grand ce robot, mais il fait un peu peur, non ?
Bande-son : 8/10
Yasumasa Kitagawa est le principal compositeur en charge du projet et il s'agit d'un vétéran de l'industrie qui travaille dans le domaine depuis 1997. La bande-son de Pragmata est parfaitement dans le ton, même si on aurait peut-être apprécié une présence un peu plus marquée de cette dernière pendant les phases d'exploration. Heureusement les thèmes d'affrontements remontent largement l'ensemble et les moments de complicité entre Diana et le héros sont souvent bien accompagnés par une musique d'une certaine délicatesse. Les bruitages quant à eux sont d'une grande justesse et apportent une juste intensité aux affrontements. Les doublages anglais et français sont de bonne facture et la version japonaise également.
Je crois qu’il est pas gentil lui !
Durée de vie : 8/10
Pragmata offre au joueur une juste durée de vie. Comptez sur une quinzaine d'heures pour une partie en mode normal sans aller en ligne droite et un peu plus si vous comptez en faire le plus possible lors d'un premier run. Il y a suffisamment de défis et de choses intéressantes à récupérer pour faire augmenter les capacités des deux héros qui sont toutes sympathiques. Une espèce de mode défis est aussi présente pour vous faire transpirer un peu si vous le désirez et les relever vous donnera encore plus d'objets pour devenir encore plus forts. La difficulté en mode normal est assez bien calibrée et sachez qu'une fois l'aventure principale terminée, il sera possible de débloquer une nouvelle difficulté et l'increvable New Game +. Il sera aussi possible de récupérer une nouvelle arme qui change un peu la dynamique des affrontements, ce qui est assez sympathique. Le rythme du jeu est assez bon dans l'ensemble et, comme cité un peu plus haut, il n'y a qu'un level design un peu redondant au niveau du cheminement principal qui pourra être un peu pointé du doigt par les joueurs. On pourra aussi parler d'une petite pointe de répétitivité qui pourra pointer le bout de son nez vers la fin de l'aventure, mais heureusement les ennemis de fin de l'aventure savent couper un peu ce ressenti.
Diana est charismatique par son comportement.
Scénario : 8/10
La véritable star de Pragmata, c'est la relation entre le héros et Diana, car il faut avouer que le reste du scénario reste assez basique et, au final, assez peu exploité pour notre plus grand malheur. On aurait aimé une mise en scène aussi un peu plus poussée et un peu plus d'information sur cet univers. Il faudra la plupart du temps se contenter du minimum et d'informations disséminées dans des rapports écrits pour en apprendre un peu plus sur l'univers qui a été mis en place par Capcom, ce qui est un peu dommage tant il y a de bonnes idées sur le papier. Heureusement l'ensemble du récit est soutenu par la complicité entre Diana et son nouveau papa qui ont le droit à des dialogues bien écrits. Il est d'ailleurs possible de parler à Diana dans le hub du jeu et elle a eu le droit à une tonne de lignes de dialogue, ce qui la rend bien vivante. L'histoire racontée est touchante et c'est bien le principal.
Certains plans sont visuellement au top !
Note finale : 8,5/10
En conclusion, Pragmata est bien plus qu'une simple nouvelle licence : c'est une déclaration d'amour à une philosophie de jeu que l'on pensait disparue du paysage triple A. Il porte en lui cet ADN des années 2000, où l'on ne se “prenait pas la tête” et où chaque titre tentait de forger sa propre identité. Malgré les traces évidentes d'une gestation longue et certainement parfois douloureuse, l'essentiel est préservé : le cœur de l'expérience fonctionne à merveille et procure un plaisir immédiat. Certes, tout n'est pas irréprochable, mais face à une telle inventivité dans son système de combat et un univers aussi rafraîchissant, les quelques faiblesses s'effacent rapidement devant le plaisir de la découverte. Cette version Switch 2 n’a pas à rougir face aux autres versions et elle a l’avantage de nous permettre de participer à cette aventure de façon nomade. Un immense merci à Capcom d'avoir eu le courage d'imposer cette vision atypique dans le paysage actuel. L'audace, on aime la récompenser et nous rappelle pourquoi nous aimons tant le jeu vidéo.
Les +
La prise de risque.
Super manette en main.
Le hacking.
La direction artistique.
Version Switch 2 techniquement soigné.
Bonne durée de vie.
Les deux héros.
Difficulté bien calibrée.
Le bestiaire varié.
Les phases de plateforme.
Pas de remplissage qui sert à rien.
Les -
Univers sous-exploité.
Level design un peu redondant.
Pointe de répétitivité vers la fin.
Quelques décors un peu dépouillés visuellement.
Peu de grosses mises en scène.
Deux-trois allers-retours de trop.