Test Onimusha : Way Of The Sword (Switch 2) - Le classique de Capcom vaut-il le coup en nomade ?
Difficile de croire qu'une franchise aussi célèbre qu'Onimusha soit restée orpheline d'un nouvel opus pendant un peu plus de vingt ans. C'est pourtant une réalité qu'il est difficile d'ignorer. Quoi ? Onimusha Soul ? On ne va tout de même pas compter un jeu sur smartphone jamais sorti dans nos vertes contrées, et qui de toute façon s'éloignait bien trop de l'essence même de la saga de Capcom. L'éditeur japonais est en pleine forme ces derniers temps. Après un Resident Evil Requiem très réussi et la nouvelle licence Pragmata qui a su surprendre le microcosme vidéoludique, on ne peut que partir confiant au moment de lancer cet Onimusha : Way Of The Sword, censé ressusciter une légende. Lame émoussée ou lame affûtée ? Place au test de la version Nintendo Switch 2. Vous pouvez retrouver notre test de la version PS5 et PS5 Pro dans le liens ci-dessous.
Test des versions PS5/PS5 Pro : https://shainigamesup.com/tests/onimusha-way-of-the-sword
Graphismes : 9/10
Le fameux RE Engine de Capcom frappe une fois encore sur la petite de Nintendo. Le résultat est donc sur Nintendo Switch 2 franchement au niveau de nos espérances pour une console hybride du genre qui est aussi fine et qui ne chauffe pas en main. Capcom livre un travail d'optimisation d'une propreté exemplaire, tirant pleinement parti de l'architecture spécifique de la machine du constructeur japonais. Il faut dire qu’on était déjà étonné par le résultat affiché à l’écran sur Resident Evil : Requiem et on l'est encore encore une fois dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui. En mode nomade, le titre tourne dans une définition en 1080p magnifiquement aidé par la technologie DLSS de Nvidia, offrant un rendu d'une netteté bluffante sur grand écran tout en maintenant un 30 FPS imperturbable. Si vous préférez privilégier la finesse visuelle, un mode Qualité ciblant un 30 FPS d'une stabilité de fer permet d'activer un éclairage poussé et des textures plus détaillées. En mode Portable, la Switch 2 réalise un vrai tour de force : le jeu cale son affichage sur la définition native 1080p de l'écran avec un taux de rafraîchissement oscillant entre 45 et 60 FPS selon les options graphiques choisies, tirant profit de la technologie de rafraîchissement variable (VRR). En résumé : cette mouture Switch 2 est un modèle du genre. Pouvoir profiter d'un tel niveau de détail technique et d'une fluidité aussi irréprochable au creux des mains est une véritable prouesse.
J’ai un sabre trop puissant et je sais l’utiliser !
Le plus important selon nous, comme vous le savez certainement déjà, reste la direction artistique, absolument géniale et fidèle à l'esprit des anciens Onimusha. Les développeurs semblent s'être principalement inspirés de l'ambiance du tout premier épisode, bien plus orienté horreur que ses successeurs, pour nous pondre ce nouveau titre. C'est un pur bonheur : tout est sale, glauque et évoque des lieux envahis par des démons d'un autre monde. L'histoire prend place dans un Japon pré-moderne, plus exactement à l'ère Edo, et déambuler dans certaines rues de Kyoto fidèlement restituées est un réel plaisir. Le jeu n'est pas terne pour autant : les créateurs ont apporté suffisamment de variété dans les décors et les techniciens ont démontré un vrai savoir-faire dans la gestion de la lumière pour rendre le rendu naturel et agréable. Mention spéciale aux intérieurs, particulièrement réussis. Ce sentiment d'horreur constante est renforcé par un récit parfois très cru et par un bestiaire particulièrement varié. L'apparence de ces monstres sortis de l'enfer est une réussite totale, et c'est surtout la qualité de leurs animations qui impressionne. La motion capture est bel et bien au rendez-vous pour un résultat fantastique. Impossible également de passer sous silence les mouvements du héros : chaque posture de combat est restituée avec une élégance rare, magnifiant chaque coup porté et rendant le système de combat grisant manette en main.
Violence : 10/10
Onimusha : Way Of The Sword n'est pas à mettre entre toutes les mains et arbore en toute logique une classification PEGI 18. Les thèmes abordés sont sombres et le jeu sait se montrer particulièrement gore, même s'il demeure possible d'atténuer légèrement la violence dans les options d'affichage.
Jouabilité : 9/10
S'il ne fallait retenir qu'une chose de cette section, c'est que cet Onimusha : Way Of The Sword offre un gameplay absolument exquis. On prend un plaisir immense à contrôler le héros Musashi Miyamoto, tant les sensations en combat sont percutantes. En matière de maniabilité, le titre s'impose tout simplement comme l'un des meilleurs jeux d'action du marché. Le système de combat s'avère d'une grande profondeur. Selon nous, la démo jouable n'en donnait d'ailleurs pas un aperçu fidèle, ne laissant pas le temps d'assimiler toutes les mécaniques proposées pour les apprécier à leur juste valeur. Sans être difficile à prendre en main, le jeu exige un minimum d'investissement car il regorge de subtilités à maîtriser au fil des heures. La marge de progression est énorme, ce dont on prend conscience en relançant le début de l'aventure par curiosité après plusieurs heures de jeu : la montée en puissance du joueur se ressent immédiatement. Une fois plongé dans l'action, on apprend rapidement à bloquer et esquiver les assauts de différentes manières. Des mécaniques indispensables, car même les ennemis de base ne vous feront aucun cadeau. Nous sommes bien loin d'un Dynasty Warriors où l'on fauche des hordes d'ennemis sans réfléchir : ici, chaque affrontement demande de la rigueur, ce qui rend la moindre joute passionnante. Exécuter un contre au millimètre avant de trancher un adversaire en deux est une sensation galvanisante que très peu de jeux parviennent à offrir. Déclencher une action au bon moment peut parfois lancer un duel de lames. S'ensuit une séquence où il faut presser une touche d'attaque différente de la précédente à chaque coup porté, jusqu'à ce que l'un des deux combattants commette une erreur et perde l'affrontement. D'autres variantes existent, comme ces bras de fer où les armes s'entrechoquent, imposant de marteler la touche le plus rapidement possible. La précision du gameplay est remarquable, et le jeu pousse progressivement à en exploiter toutes les finesses grâce à un bestiaire varié et bien pensé. Le placement par exemple de certains ennemis en hauteur s'avère particulièrement vicieux : il faudra régulièrement choisir qui éliminer en priorité pour ne pas finir abattu par un archer un peu trop zélé embusqué derrière un rocher.
Trancher un ennemi en deux voici l’étape un.
Le système de combat séduit aussi par son équilibre parfait entre prise de risque et récompense, notamment lorsqu'on prend des décisions audacieuses au bord du gouffre de la mort. De nombreuses autres nuances viennent enrichir l'expérience : la gestion de la jauge d'endurance adverse (qu'il faut vider pour étourdir l'ennemi), la gestion de sa propre endurance, ou encore l'utilisation du Gant Oni, permettant d'absorber les âmes pour se soigner ou remplir une jauge d'attaque spéciale utilisant certaines armes secondaires dévastatrices. Frapper ou contrer au bon moment est systématiquement récompensé. Une fois la garde ennemie brisée, vous pouvez déclencher un Issen Critique qui décapite la cible avec classe tout en offrant un bonus d'âmes important. Il est même possible d'enchaîner cette exécution sur plusieurs adversaires simultanément s'ils sont étourdis. L'Issen traditionnel fait lui aussi son grand retour pour le plus grand bonheur des fans : bien que difficile à placer, il permet d'infliger une attaque d'une rapidité et d'une puissance fulgurantes. Les développeurs incitent également à exploiter le décors : vous pouvez par exemple vous abriter derrière une planche en bois avant de la projeter d'un violent coup de pied sur un démon. L'utilisation du feu offre une alternative supplémentaire qui vient agrémenter agréablement un gameplay déjà extrêmement dense.
Lui, il va vous poser quelques problèmes.
Revenons un instant sur la démo, qui ne permettait pas de mesurer correctement la difficulté globale. Beaucoup de joueurs ont affirmé un peu trop vite qu'ils n'achèteraient pas le jeu sous prétexte qu'il était trop facile. Soyons clairs : Onimusha : Way Of The Sword n'est absolument pas un jeu destiné aux débutants, du moins dans son mode de difficulté normal. Si les ennemis communs deviennent abordables avec de la pratique, les Boss constituent de véritables remparts exigeant de mobiliser tout le savoir-faire emmagasiné. Ces affrontements se déroulent souvent en deux phases, sans aucune sauvegarde automatique entre elles : en cas de défaite, il faut tout reprendre depuis le début ! Sans basculer dans le Souls-like, le titre exige une réelle dextérité que le simple équipement amélioré ne permet pas de compenser à la façon d'un Souls, même s'il reste possible d'améliorer son personnage via un arbre de compétences gratifiant et quelques bonus glanés en accomplissant des objectifs secondaires. Grâce à cette exigence, chaque Boss devient mémorable et pousse le joueur à se dépasser, quitte à susciter quelques beaux moments de frustration. Le pire dans tout cela, c'est qu'on ne peut s'en prendre qu'à soi-même tant le titre est réglé comme une horloge suisse. Tout juste pestera-t-on contre la caméra qui peut occasionnellement devenir un ennemi de plus à gérer dans des espaces très cloisonnés. Le problème est rare mais présent à deux ou trois endroits précis. On aurait toutefois apprécié, en mode Normal, la présence d'un point de contrôle facultatif entre les deux phases d'un Boss après un certain nombre d'échecs, une option bienvenue après de longues heures de jeu éprouvantes pour les mains, mais on sait pertinemment qu'en offrant cela aux joueurs ils auraient certainement opté pour cette option qu'en tout dernier recours.
Je suis pas un expert, mais je crois qu’ il a faim.
Côté level design et game design, l'ensemble est très solide, même si l'on regrettera des vases et caisses à briser un peu trop souvent vides. Y intégrer quelques âmes de temps en temps aurait offert une petit sentiment gratification supplémentaire en attendant de tomber sur un véritable objet utile. La zone plus ouverte située dans Kyoto constitue sans doute le point faible du jeu. Les développeurs ont tenté d'insuffler une dimension « monde ouvert » dont la formule n'avait pas nécessairement besoin, ce qui vient casser le rythme d'une aventure bien plus palpitante dans ses séquences linéaires. Cette parenthèse a au moins le mérite de nous laisser affronter des Genma pour profiter du système de combat, mais malgré quelques bonnes surprises qui font une apparition dans cette zone, il s'agit de la section la moins convaincante de l'ensemble du jeu. Heureusement, l'agencement de la ville reste cohérent et boucler un objectif ramène souvent près du repaire du héros pour qu'il puisse repartir à l'aventure ailleurs bien rapidement. Nous avons particulièrement apprécié l'accès à une arène permettant de ré-affronter les Boss battus afin de débloquer de belles récompenses. Par moments, le jeu nous pousse à revenir sur nos pas (backtracking) pour accomplir certains objectifs. Les zones étant compactes, cela ne pose pas de problème majeur, d'autant que les compétences débloquées plus tard permettent d'ouvrir de nouveaux coffres. Les quelques énigmes apportent une pause fraîcheur bienvenue et l'utilisation de l'arc s'intègre bien à l'exploration. Les niveaux sont remarquablement agencés, la variété est au rendez-vous et parcourir cet univers est un vrai plaisir. On aurait juste aimé un système d'amélioration de l'équipement plus poussé. Bien qu'il soit indispensable de renforcer son personnage pour progresser sereinement, les bonus d'attaque, de défense ou du Gant Oni manquent parfois de relief, et l'apparence de votre sabre n'évoluera malheureusement pas malgré l'atteinte d'un nouveau pallier.
Le motion control est de la partie sur cette version Switch 2, mais il n'est pas des plus évidents à utiliser dans une partie en mode normal. Cet Onimusha est un jeu qui demande quand même d'être très vif pour survivre en mode normal. En mode histoire, le motion gaming devient d'un coup plus fun à utiliser pour ceux qui aiment cette option, même si l’utiliser revient à accepter d’être bien moins précis qu'avec une manette entre les mains.
Bande-Son : 9/10
Les effets sonores façonnés par Capcom mériteraient presque une nomination aux Game Awards dans une catégorie bien spécifique tant ils procurent une sensation de puissance phénoménale au cœur de l'action. La musique accompagne idéalement l'ensemble, même si elle sait se faire discrète. Quant aux doublages, ils s'avèrent excellents, qu'on opte pour les voix françaises ou japonaises.
Le japon c’est joli.
Durée de vie : 8/10
Pour tout compléter en ligne droite sans aide ni soluce, comptez environ cinquante heures de jeu. Si vous souhaitez terminer l'histoire principale en accomplissant la majorité des quêtes secondaires en mode normal, comptez au bas mot une trentaine d'heures. Capcom livre une durée de vie plus qu'honnête, même si l'on note un léger remplissage au niveau de la zone ouverte de Kyoto. Un léger recentrage aurait permis d'obtenir un rythme tout simplement parfait que l'on aurait apprécié voir ici. Une fois le jeu terminé, de nombreux bonus se débloquent, incluant un mode de difficulté supplémentaire qui relance immédiatement l'intérêt de l'ensemble tant le système de combat est profond et permet donc aux joueurs de progresser.
Elle habite dans un gant. Quoi ? Vous ne me croyez pas ?
Scénario : 9/10
Sans briller par une originalité folle, le récit a le mérite d'être particulièrement bien écrit. On aurait aimé qu'il décolle un peu plus rapidement, car ce n'est que dans son dernier tiers que les liens entre les personnages prennent toute leur ampleur et délivrent des scènes qui envoient du patté. Faire renaître la licence Onimusha à l'ère moderne n'était pas une tâche facile, mais les scénaristes ont relevé le défi haut la main. Les créateurs n'ont pas hésité à intégrer des séquences marquantes et crues, un choix audacieux qui mérite quand même d'être salué par notre rédaction. Le protagoniste devient rapidement attachant et les personnages secondaires interviennent toujours au bon moment pour le guider lorsqu'il frôle un peu trop les ténèbres avec son sabre.
Les Boss sont brutaux.
Note Finale : 9/10
Lorsqu'on le décortique point par point, cet Onimusha : Way Of The Sword n'est pas totalement exempt de défauts. Quelques scories auraient mérité d'être rabotées, d'autant que cela n'aurait pas demandé des efforts surhumains tant elles découlent d'une trop grande générosité plus qu'autre chose. Il n'en demeure pas moins que ce titre s'impose comme un nouveau coup de maître pour Capcom. Manette en main, le plaisir est immédiat et nous sommes en présence sans aucun doute d'un des meilleurs jeux d'action de ces dernières années. Le titre est par contre certainement parfois un peu trop exigeant pour le commun des mortels en raison de Boss coriaces en deux phases qui mettront certaines manettes à rude épreuve, mais le mode Facile reste heureusement bien disponible pour permettre à chacun de voir le bout de l'aventure. On espère que il ne faudra pas vingt ans de plus pour voir la suite car on a déjà hâte d'y jouer !
Les +
Onimusha de retour en force !
Une version nomade exemplaire.
Presque parfait mélange entre modernité et tradition.
Système de combat proche de la perfection.
On se souviendra des Boss.
Aspect technique au poil.
Direction artistique au top.
Mise-en-scène de qualité.
Bruitages parfaits.
Le héros.
Bestiaire varié.
Level design solide.
Le retour à l'horreur.
Humour bien disséminé
Les quelques énigmes.
Les -
La ville de Kyoto casse un peu le rythme du reste.
Un ou deux soucis de caméra à certains endroits précis.
Une seule arme principale qui ne change pas.
Un peu de recyclage au niveaux des Boss annexes.
L'amélioration de l'équipement peu engageant.
Quêtes annexes un peu bateau.
Le joueur un peu trop vite aidé quand il ne résout pas une énigme vite.
Les Boss en deux phases on aurait aimé commencer en phase 2 si on perd trop en mode normal.
On aurait aimé pouvoir viser avec l'arc comme dans Splatoon sur Switch 2 en nomade.