DRAGON QUEST VII : Reimagined

Il y a presque dix ans, je rédigeais dans ma grotte le test de la version 3DS de Dragon Quest VII : La Quête des vestiges du monde. Ayant déjà affronté l'austérité légendaire de l'original sur PlayStation, j'avais salué les efforts de Square Enix pour rendre ce monument plus accessible. De la rudesse de la PS1 à la plus grande souplesse de la 3DS, j’ai donc vu Dragon Quest VII muter au fil des époques. Mais avec Dragon Quest VII : Reimagined, Square Enix franchit un nouveau cap en 2026. Ce n’est plus un mixte entre portage et remake, c’est une réinvention presque totale qui hérite de la modernité de Dragon Quest XI au niveau des combats et du charme des récents remakes quand on y cherche certaines améliorations de qualité de vie, mais tout de même en optant pour une autre approche. Pour tous ceux qui n’ont jamais osé s’attaquer à ce monstre de 100 heures de jeu : l’heure est venue, car il n'en fait plus que 70 à 80 si on prend son temps. Ce qui était autrefois une montagne infranchissable est devenu une aventure mieux calibrée pour les standards d’aujourd’hui. Le colosse n'est plus intimidant, il est désormais un peu plus irrésistible, pour un peu qu'on aime le genre. Si on aime en plus de cela la bouille des monstres et l’univers graphique d’Akira Toriyama (Dragon Ball), ça aide aussi !


Graphismes : 10/10

Il est possible que certains joueurs n’adhèrent pas au style esthétique sélectionné par l'équipe de développement pour nous présenter cette nouvelle itération de Dragon Quest VII, mais de notre côté on la trouve vraiment charmante. Ici on opte pour le contraire du jeu Fantasian qui nous proposait de véritables dioramas photographiés pour être directement intégrés au jeu, mais avec des personnages en 3D. Dans notre cas, vous l'aurez compris, ce sont les personnages qui sont de véritables poupées artisanales qui rendent très bien à l'écran, mais pas les décors. Un peu dommage de savoir que ce n'est pas le cas des monstres, mais il est difficile de le remarquer tant les développeurs semblent avoir traité le travail avec sérieux pour trouver un rendu 3D proche du résultat des héros à l'écran. D’ailleurs le bestiaire a des expressions vraiment drôles qui profitent des bienfaits de la 3D et ce sont surtout les Boss qui ressortent le mieux à l’écran. Les décors quant à eux essaient aussi de garder ce style réaliste en tête et on a vraiment l'impression de parcourir de véritables dioramas, même si de ce côté Fantasian s'en sort un peu mieux car pour le coup ce jeu présentait quant à lui de véritables décors. En un mot comme en cent, le jeu est charmant. En plus d'être un véritable petit bonbon visuel, on en a pour notre argent car cette aventure reste une fois de plus très dense malgré l'amélioration du rythme du jeu et on nous fait donc voir du pays, ce qui est logique quand on sait que l'histoire du jeu est de reconstruire un monde dans son entier.

Les héros ont un charme certain.

On retrouve enfin des combats un peu plus dynamiques quand on compare ce jeu aux 3 précédents remakes de Dragon Quest (1, 2, 3) grâce à l'apparition des personnages à l'écran quand ils effectuent des actions et cela fait un bien fou. Mine de rien, cela fait depuis Dragon Quest XI que l'on ne voit plus cela se produire dans un Dragon Quest. La version PC que l'on a testée permet d'afficher le jeu en 120 images par seconde, ce qui sera un plus pour pas mal de joueurs, et les options d'affichage permettent d'améliorer le rendu du jeu de diverses manières. On a pas un nombre gigantesque de possibilités de ce côté, mais le strict nécessaire est disponible.

Les effets en combats sont bien fichus.

Violence : 4/10

Dragon Quest VII : Reimagined n'est pas violent, le PEGI affiche même une recommandation pour les 12 ans et plus. Il est par contre l'un des Dragon Quest les plus mélancoliques car son message porte sur le temps qui passe et il arrive à nous mettre parfois le cafard.

Jouabilité : 9/10

Dès les premières minutes de jeu, on sait où on pose les pieds, même si on doit avouer que cela fait un peu bizarre de sortir il n'y a pas si longtemps de cela du remake du premier et du deuxième Dragon Quest, car tout simplement certaines touches ne sont pas les mêmes pour effectuer une action X ou Y. Dès le premier combat, on retrouve un système de combat au tour par tour classique qui a déjà fait ses preuves et qui laisse le temps au joueur de choisir ses actions après avoir réfléchi à une stratégie. Peu à peu les héros gagnent des compétences variées et les combats deviennent plus intéressants. Une des grosses nouveautés est la transformation du système de vocations qui devient plus flexible et qui nous permet d'équiper deux vocations à la fois. En plus de tout cela, on a la possibilité de changer de job directement via un menu sans avoir à retourner dans un certain endroit du jeu, ce qui était pourtant un passage obligé dans les anciennes versions de DQVII. Ces changements permettent au joueur de respirer et de tenter des choses plus facilement que par le passé, où changer de job demandait au joueur de réfléchir longuement à la situation et où il pouvait se retrouver en difficulté pendant un petit moment le temps de faire gagner en expérience la nouvelle vocation choisie. On gagne en plus de cela un système inspiré des limites de Final Fantasy qui permet d'utiliser une capacité spéciale surpuissante liée à une classe quand certaines conditions sont remplies en combat. Une autre mécanique a été instaurée où battre un certain type de monstres permet de gagner une espèce de badge qui, une fois installé sur le héros, permet de récupérer un bonus particulier en pleine bataille.

Sur tous les aspects, les combats sont bien plus dynamiques ! 

Ce qui frappe le plus, c'est le dynamisme des combats qui gagnent en punch quand on les compare par exemple aux récents remakes de Dragon Quest 1, 2 et 3. Tout cela est possible par une mise en scène bien plus pêchue qui se rapproche du onzième opus de DQ ou d'un Final Fantasy X. Les héros sont désormais toujours présents à l'écran, ce qui n'était pas le cas sur 3DS, et les attaques ont une pêche d'enfer. Les développeurs ont quand même réussi à garder le charme de la licence intact en montrant les monstres à la première personne en début de combat. La possibilité d'accélérer les affrontements est également présente pour les longues sessions de farming qui seront parfois nécessaires, du moins si on ne succombe pas à la volonté de changer la difficulté pour certains passages plus exigeants. Comme sur Nintendo 3DS les monstres se baladent et on est donc pas en face à du combat aléatoire, il faut entrer en contact avec l’ennemi pour déclencher un combat. Enfin… à l’exception de l’exploration marine qui garde les rencontres aléatoires, ce qui est un bon compromis entre modernité et classicisme. Les menus quant à eux ont été modernisés et on apprécie l'efficacité de ces derniers, même s'ils ne sont pas aussi stylisés que ceux de Dragon Quest VIII ou XI. Les amateurs de Dragon Quest pourront cependant pester contre quelques choix de game design et level design comme le placement un peu trop généreux de certaines statues permettant de remettre son équipe complètement à flot en plein milieu d'un donjon autrefois dangereux. La remise à 1 point de vie après la fin d'un combat, si un personnage tombe au combat, pourra aussi faire grincer des dents ces mêmes puristes. On trouve qu'à ce niveau les remakes de Dragon Quest 1, 2 et 3 visent un peu plus juste. Heureusement la possibilité de calibrer la difficulté à sa sauce et certains défis en postgame viennent quand même équilibrer un peu la balance. Les donjons quant à eux sont sympathiques, même s'ils ne sont pas trop complexes, et nous demandent de résoudre quelques énigmes des plus sympathiques au passage. Attention tout de même pour les joueurs pas habitués à Dragon Quest. Le rythme de jeu de la licence est assez posé et la structure même de ce Dragon Quest précis en fait le DQ avec la progression la hachée. Chaque nouveau lieu dispose de son propre problème à régler et le tout peut sembler détaché d’une histoire à l’autre et on ne découvre que bien plus tard dans l’aventure ce qu’ils ce trame vraiment dans cet univers. Le jeu prend son temps et va donc à contre courant de ce qu’il se fait aujourd’hui. On est loin de la version PS1 ou même 3DS, mais le rythme du jeu reste quand même dans un sens assez similaire sans bien entendu tout le superflu. 

La carte du monde est mignonne comme tout.

Bande-son : 9/10

La bande-son de Dragon Quest VII était de grande qualité avec 47 pistes très solides au programme, même si cela reste un assez petit nombre pour un jeu aussi énorme en ligne droite. On a malheureusement jamais eu la chance d'avoir entre les oreilles une version orchestrale pour la bande-son, mais la sortie de cette nouvelle vision de DQVII nous offre enfin une chance de pouvoir écouter l'ensemble dans ce format de grande qualité ! L'OST de ce Dragon Quest est assez mélancolique et colle parfaitement au thème du jeu. Les bruitages quant à eux fonctionnent bien et ceux qui sont là depuis les débuts sont toujours aussi sympathiques. C'est la première fois que Dragon Quest VII profite d'un doublage et il est disponible en anglais et en japonais. Les deux doublages sont de très bonne facture.

Les textures sont toutes très jolies et l’aspect diorama fait son effet.

Durée de vie : 9/10

Dragon Quest VII : Reimagined reste Dragon Quest VII et malgré toutes les retouches qui ne font que rendre l'ancien titre d'Enix bien meilleur au niveau du rythme, le jeu n'a en aucun cas perdu en générosité. On perd trois histoires au passage qui n'étaient pas les plus marquantes et quatre autres ont été déplacées en tant qu'histoires annexes, ce qui fait qu'elles sont encore dans le jeu, mais qu'elles ne font plus partie de l'intrigue principale. On gagne en contrepartie de nouvelles histoires qui tendent à renforcer le lien entre les différents protagonistes de l'histoire, dont une en particulier qui est bien fichue et qui sait ramener un bon petit paquet d'émotions pour les fans. Le rythme de l'aventure est donc meilleur de base, un peu plus à la carte et surtout il apporte un peu de neuf pour les fans de l'intrigue originale. On effectue aussi bien moins d'allers et retours que dans la version 3DS, qui était déjà meilleure à ce niveau quand on la compare au jeu d'origine, mais la structure du jeu restera malheureusement pour certains encore un peu trop carrée, dans le sens où il subsiste des allers et venues qu'il n'était pas possible d'enlever sans avoir à déformer l’œuvre d'origine. On dénote plein de petits détails de qualité de vie qui permettent de gagner du temps, comme la possibilité de tuer les monstres très faibles pour notre niveau d'un simple coup sans passer par un combat au tour par tour. D'ailleurs cette dernière fonctionnalité peut être un poil craquée, dans le sens où on gagne aussi des points de vocation, ce qui selon nous ne devrait pas être le cas pour équilibrer un peu mieux le tout, car ça permet de farmer un peu trop vite ces précieux points. On regrette la disparition du casino pour certainement des soucis liés aux normes PEGI et les autres… Certaines autres petites activités annexes ont aussi disparu, comme la prairie des monstres et le havre qui permettait de construire un petit village débloquant certains bonus. On veut quand même vous rassurer, cette nouvelle version du jeu contient certains bonus pour équilibrer la balance, comme une arène ou encore une nouvelle vocation bien mise en avant lors des derniers remakes de Dragon Quest. Des joueurs pourront pester contre la disparition des costumes de vocation qui étaient pourtant disponibles sur Nintendo 3DS, mais il est possible de comprendre ce choix car les héros peuvent désormais avoir deux vocations à la fois, même s'il était certainement possible de trouver une solution à ce problème. Pourquoi ne pas laisser le choix de quel costume porter des deux vocations, par exemple ? Pour ceux qui n’ont joués qu’à la version originale sur PS1, vous n’avez pas à avoir peur, trouver les tablettes qui reconstituent le monde était déjà bien plus sympathique sur 3DS et ici c’est encore plus clair. 

Les énigmes sont toujours présentes !

Scénario : 9/10


L’épopée de Dragon Quest VII est une œuvre profondément mélancolique, une réflexion sur l’inexorabilité du temps. À travers les pérégrinations des héros entre passé et présent, le jeu dépeint l'impartialité avec laquelle les siècles érodent tout sur leur passage. Il illustre la fragilité de la mémoire, c'est un écrit sur l'oubli : sous le poids des générations, les vérités s'altèrent, changeant les héros en légendes et parfois les plus justes en parias. C’est aussi le récit amer des vies les plus nobles ou insignifiantes, mais pourtant touchantes, qui disparaissent totalement de la mémoire collective. Bref, le titre de Square Enix démontre comment la transmission orale dénature les faits, transformant les histoires en ce qu'elles ne sont pas. Il faut dire que quand on prend le temps de parcourir cette histoire et de réfléchir un peu à tout ce que nous laissons sur notre passage sur terre, cela peut mettre un sacré coup au moral. Les personnages quant à eux sont tous vraiment sympathiques et certains gagnent encore un peu plus en charisme dans cette nouvelle mouture du jeu. Les joueurs plus habitués aux jeux modernes pourront peut-être pointer du doigt que les héros n’interagissent pas assez avec les autres personnages du monde.

Les monstres sont très expressifs !

Note finale : 9.0/10

Dragon Quest VII : Reimagined s'impose désormais comme un RPG au tour par tour pratiquement irréprochable, du moins si on n'est pas allergique à sa structure un peu particulière et potentiellement clivante qui demande un peu plus de patience que la moyenne des jeux du genre. Si les puristes regretteront peut-être un mode normal un brin trop permissif, ou des options de confort qui lissent l'exigence de l'œuvre originale, la force de cette version réside dans sa flexibilité : le joueur exigeant saura ajuster l'expérience pour retrouver quasiment le défi d'antan. Au-delà de ses mécaniques, ce septième opus reste une épopée bouleversante quand on prend la peine d'analyser ce qui se cache en sous-texte, prouvant qu'il est autant un pilier du RPG traditionnel qu'une réflexion profonde sur la vie de manière générale. Il était difficile selon nous de modifier encore plus le jeu sans profondément altérer l’œuvre originale. On salue le travail de grande qualité, il était, on pense compliqué de faire bien mieux.

Les +

10 fois mieux rythmé que sur 3DS

100 fois mieux rythmé que sur PS1

Vraiment beau à regarder.

Les combats ont du punch !

La possibilité d’avoir 2 vocations.

Les petites énigmes.

Les menus revus.

Une difficulté à la carte de manière générale.

Les deux niveaux de lecture de l’histoire.

Personnages principaux attachants.

Certaines histoires plus marquantes.

Bande-Son orchestrale de qualité.

Les objectifs super clairs.

La chasse à la mini-médaille enfin bien gérée.

Les -

Certaines histoires peu marquantes.

On aurait gardé une des histoires en particulier parmi celles supprimées.

La structure reste quand même oldschool malgré tout.

On aurait aimé que la difficulté normale ressemble plus a DQ1,2,3 Remake.

Le casino a disparu.

Toujours un peu long pour débloquer les vocations.

On trouve un peu trop d’objets.

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