Echoes of Aincrad
La franchise Sword Art Online a parcouru un chemin considérable dans le paysage du jeu vidéo au cours des dernières années. Grâce à la volonté constante de l'éditeur Bandai Namco d'adapter régulièrement l'œuvre originale, les fans de la première heure ont pu explorer une multitude d'horizons interactifs. Aujourd'hui, la licence fait un retour remarqué sur le devant de la scène avec la sortie de Echoes of Aincrad, un Action-RPG solo particulièrement ambitieux sur le papier. Mais ce nouvel opus parvient-il réellement à proposer une formule solide, tant dans la forme que dans le fond ? Pour mener à bien cette aventure, l'équipe de développement a pris une décision radicale en supprimant purement et simplement les modes en ligne. Un comble absolu pour une œuvre censée simuler le quotidien d'un MMORPG massivement multijoueur, mais un parti pris totalement assumé afin de se concentrer sur l'histoire narrative et d'offrir un gameplay plus poussé, totalement libéré des contraintes techniques qu'impose habituellement un mode multijoueur. Ce choix se heurte toutefois à un équilibre délicat. En faisant disparaître la dimension communautaire, le titre se doit impérativement de compenser par une expérience solo plus irréprochable que jamais, quitte à sacrifier un peu la cohérence de l'univers et à mettre de côté l'aspect MMO. Le défi est-il relevé pour autant ? Place à notre test complet de Echoes of Aincrad, un titre où la marque Sword Art Online s'efface très subtilement dans son titre pour tenter de voler de ses propres ailes.
Graphismes : 8/10
Sur le plan visuel, Echoes of Aincrad nous propose un univers globalement très joli à regarder, qui prend un certain recul par rapport au style esthétique proposé par les derniers jeux de la licence. On ressent immédiatement qu'un budget supérieur a été injecté sur la table pour offrir des environnements plus ouverts et grandiloquents, une montée en gamme matérialisée par le passage stratégique de la franchise à l'Unreal Engine 5. Dans l'ensemble, la direction artistique s'avère particulièrement séduisante et agréable à l'œil. Il reste toutefois décevant de constater que les structures d'exploration fermées comme les donjons ne sont bien souvent que de simples copiés-collés les uns des autres. Fort heureusement, toute la partie extérieure du monde ouvert est très réussie, vaste et suffisamment variée, avec la présence de quelques panoramas uniques qui parviennent vraiment à se distinguer du reste. Lors des phases d'action, les personnages en combat bénéficient d'animations assez fluides et réussies, tandis que le déclenchement des différentes compétences réussit à mettre véritablement le feu à l'écran par de superbes effets visuels. On pourra simplement regretter une animation de course pour le protagoniste qui manque un peu de naturel et s'avère parfois légèrement robotique par moments.
La direction artistique à parfois quand même un certain charme
Violence : 3/10
Sur la question de la violence, le jeu reste parfaitement aligné avec ce que Sword Art Online propose habituellement. La production est recommandée pour un public de 12 ans et plus, une classification PEGI et une recommandation d'âge qui nous paraissent amplement justifiées au vu du contenu proposé.
Jouabilité : 7/10
Echoes of Aincrad est incontestablement un jeu rempli de bonne volonté, et ce sentiment se ressent dès la première prise en main de la manette. Les bases sont solides. Le titre fait partie de ces jeux frappés par une foule de petits et grands défauts, mais que l'on a tout de même irrépressiblement envie de terminer grâce à la présence d'un petit je ne sait quoi qui fait mouche. Parmi les points positifs évidents, on peut citer le système de combat global, particulièrement agréable à prendre en main en toutes circonstances, même s'il n'invente rien de fondamentalement nouveau dans le genre du RPG d'action. Ce nouvel opus de Sword Art Online privilégie une approche davantage axée sur la parade (mais pas autant qu'un Souls), la lecture des mouvements et le placement du personnage que par le passé. L'utilisation du bouclier offre des sensations très satisfaisantes, même si l'on aurait apprécié que le bestiaire ennemi propose des animations d'attaque un peu plus lisibles pour permettre d'exploiter la garde à son plein potentiel.
Prend ce coup dans ton bide ! Mouahahahha sale monstre !
Les affrontements s'articulent autour d'un enchaînement fluide entre phases d'attaque, d'esquives et de postures défensives où il faut impérativement gérer l'endurance de son héros tout en évitant d'épuiser prématurément ses points de compétence afin de les utiliser aux moments les plus opportuns. La plupart des combats de routine contre les monstres de base se concluent rapidement, et une certaine répétitivité finit par s'imposer en raison d'un bestiaire très restreint si l'on met de côté les boss. Ces derniers s'avèrent heureusement bien plus stimulants à affronter, même si certains combats sont parfois fouillis en raison d'un surnombre d'ennemis secondaires qui vient entacher la lisibilité de l'action. Le jeu sait heureusement rester très fidèle à l'univers Sword Art Online pour le plus grand bonheur des passionnés, en permettant d'équiper une multitude d'armes différentes. Cependant, contrairement à d'autres épisodes de la saga, le système reste ici strictement concentré sur le combat au corps à corps. Comme le savent parfaitement les connaisseurs de l'œuvre originale, la magie n'existe pas dans ce monde virtuel précis, et il faut donc compter sur une grande diversité d'objets pour améliorer sa polyvalence tactique sur le terrain. Le système de progression générale se montre quant à lui particulièrement riche. Les pièces d'équipement et les armes disposent de spécificités techniques et de statistiques que l'on peut transférer sur d'autres équipements grâce au système de forge. De plus, la majorité des armes intègrent une compétence unique qu'il est possible de faire évoluer. L'attribution des points de compétence permet d'optimiser l'efficacité des différentes catégories d'armes tout en débloquant de nombreux bonus passifs d'une aide précieuse.
J’ai l’épée de la destinée entre mes mains !
En exploration ou en combat, le joueur peut compter sur la présence d'un allié dirigé par l'ordinateur, cette coopération occupant une place centrale dans l'aventure. Avant chaque départ en mission, il convient de choisir parmi plusieurs héros de la licence celui qui aura l'honneur de vous accompagner. Chaque personnage jouit d'une capacité spéciale importante qui lui offre une réelle identité, certains étant axés sur le soutien et le soin, tandis que d'autres adoptent un profil purement offensif. En plein affrontement, il est possible d'altérer le comportement du compagnon. Un premier mode le force à cibler le même ennemi que vous, tandis qu'un mode plus libre lui laisse la possibilité de choisir sa propre cible. Malheureusement, la programmation de l'intelligence artificielle déçoit légèrement. Le compagnon adopte régulièrement un comportement suicidaire lorsqu'il est laissé en mode libre, tandis qu'il s'avère parfois d'une passivité frôlant l'inutilité quand il doit focaliser ses attaques sur votre cible. De plus, ne pouvoir emmener qu'un seul allié sur le terrain ressemble à une régression frustrante par rapport aux précédents volets qui permettaient de voyager avec un groupe plus large, ce qui apportait une ambiance plus conviviale et festive. Si la prise en main globale reste tout à fait honnête, une réalité vient inévitablement percuter le joueur après quelques heures de jeu : la redondance générale de la progression. Le titre applique à la lettre les règles et mécaniques les plus élémentaires d'un MMORPG classique, alors que nous sommes dans une aventure strictement solo. On se retrouve la majeure partie du temps engagé dans des quêtes annexes et principales consistant à traverser différentes zones pour éliminer en boucle les rares créatures du bestiaire. Le joueur passe donc un temps considérable à traverser de vastes environnements vides de substance, ce qui finit par briser la sensation d'immersion. En dehors des coffres au trésor qui ne renferment que trop rarement des récompenses dignes de ce nom, et des boss optionnels qui ne sont la plupart du temps que de simples réutilisations agrandies de monstres déjà affrontés, le monde ne propose pas grand-chose pour faire rêver. Le level design très rigide manque d’organicité, et la liberté d'exploration est fréquemment freinée par des barrières invisibles de mission qui vous ramènent en arrière si vous tentez de sortir un peu trop des clous. Pour compenser ce manque de vie et maintenir l'intérêt éveillé, il aurait fallu proposer un bestiaire infiniment plus vaste. L'univers parait d'autant plus mort qu'aucun avatar de joueur fictif ne déambule sur la carte, un détail qui était pourtant présent dans certains jeux antérieurs de la licence pour simuler l'ambiance d'un serveur en ligne.
Bande-Son : 8/10
La bande-son s'impose sans difficulté comme l'un des plus grands points forts de cette production. Le jeu met à disposition un impressionnant catalogue de plus de cent pistes audio pour accompagner l'épopée, avec précisément cent dix-sept musiques gravées sur le disque. Le point le plus appréciable réside dans la générosité des compositions : il ne s'agit pas de courts morceaux bouclés en vitesse, mais de thèmes travaillés affichant une durée moyenne supérieure à deux minutes, atteignant parfois les cinq minutes pour les plus épiques. Côté doublage, le jeu propose une version originale japonaise d'excellente facture qui réunit l'ensemble des comédiens de doublage officiels de l'animé. Pour la toute première fois dans la série, le titre s'offre également un doublage intégral en langue anglaise, lequel s'avère de très bonne facture. L'ensemble des bruitages et effets sonores accompagnent enfin avec une grande efficacité le dynamisme des affrontements.
Belle nuit pour chasser du monstre
Durée de vie : 7/10
Il faut compter environ une quarantaine d'heures de jeu pour arriver au bout de ce que propose Echoes of Aincrad, ce qui représente une durée de vie tout à fait honnête pour un Action-RPG du genre. On regrettera néanmoins un rythme général loin d'être exemplaire, directement pénalisé par une conception de niveau et un game design en dessous des standards actuels. Le titre possède un certain potentiel qui n'est malheureusement pas exploité à sa juste mesure. De plus, les joueurs perdent pour la première fois depuis longtemps la possibilité de s'associer en coopération en ligne pour surtout s'attaquer au contenu endgame ou chasser les défis avancés. Les développeurs ont quand même intégré quatre modes de difficulté ajustables, incluant un mode de jeu spécifique qui respecte scrupuleusement la règle fondamentale du lore de Sword Art Online : en cas de mort de votre personnage, le Game Over est définitif et votre sauvegarde est purement et simplement effacée pour simuler votre propre mort dans le jeu.
L’éditeur de personnage est assez complet.
Scénario : 7/10
Aux côtés de la partie musicale, le respect absolu de la franchise Sword Art Online constitue l'autre véritable pilier du jeu. L'aventure regorge de très bonnes idées de mise en scène, à commencer par une introduction intelligente qui présente la phase de tutoriel sous la forme d'une session de bêta-test fermée. Plusieurs scènes particulièrement réussies parviennent à toucher le joueur au fil de l'histoire. Les fans inconditionnels de la licence seront assurément ravis s'ils parviennent à passer outre les défauts structurels du titre pour aller au bout de l'intrigue. Le fan service est très bien dosé tout au long du périple et reste constamment de bon goût. D'un point de vue chronologique, le scénario s'insère au cœur du tout premier arc narratif de l'animé et suit le parcours de personnages complètement inédits, amenés à croiser régulièrement la route des héros légendaires de la saga.
Il fait beau, non ?
Note Finale : 7.0/10
Echoes of Aincrad n'est absolument pas un mauvais jeu, mais il s'agit d'une production qui donne l'impression de ne pas être totalement aboutie, un constat qui s'impose de lui-même au fur et à mesure de la progression. Le titre aurait très nettement mérité une année de développement supplémentaire pour peaufiner ses mécaniques et s'imposer comme une œuvre pleinement convaincante pour tout amateur du genre. En l'état, il demeure un Action-RPG sympathique à parcourir pour quiconque apprécie l'univers d'origine, car l'ambiance caractéristique de la saga y est fidèlement retranscrite. La disparition du mode multijoueur en ligne par rapport aux précédents épisodes reste difficile à pardonner, d'autant que cette concession ne s'accompagne pas d'un gain majeur sur le reste du jeu, en dehors d'une plastique visuelle plus raffinée que d'ordinaire. Reste à savoir si l'équipe de développement prendra le temps d'améliorer l'expérience globale à travers de futures mises à jour ou si ce projet sera rapidement laissé de côté au profit du volet suivant. Il faut avouer que nous sommes face à un titre pétri de défauts, mais qui conserve suffisamment de charme et de générosité pour maintenir l'intérêt du joueur jusqu'au générique de fin, ce qui constitue déjà une belle réussite.
Les +
Le premier arc de la licence bien retranscrit.
Deux-trois bonnes idées.
Une histoire qui se déroule en même temps que l'animé.
Dans les grandes lignes agréable à jouer.
La bande-son variée.
Système d'équipement bien fichu.
Les -
Au final un A-Rpg bien basique.
Bestiaire trop limité.
Décors peu variés.
Exploration peu organique.
Nécessitait 1 ans de développement en plus.
Un seul compagnon alors qu'on en avait plus avant.
Level design trop flemmard.
Rythme peu engageant.
Monde pas vivant pour un sous.